Résilience

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du latin « resilire » … résister, rebondir.
C’est exactement ce que fait Charity Tiddler tout au long de ce réjouissant pavé de 563 pages illustré par Philippe Dumas. Oui ! vous avez bien lu, 563 pages, mais on ne s’ennuie pas une minute. Humour (beaucoup d’humour), suspense, indignation, amour, tout y est.


« J’ai écrit Miss Charity pour rendre hommage aux créatrices du XIXème siècle, à la volonté de fer qui leur fut nécessaire pour se frayer un chemin dans un monde régenté par des hommes. J’ai hésité sur le modèle à suivre, Jane Austen, la comtesse de Ségur, Charlotte Brontë ou George Sand ? Puis je me suis souvenue d’une biographie qu’on m’avait offerte quelque vingt cinq ans auparavant, Le petit monde animal de Beatrix Potter, par Margaret Lane. Je l’ai relue et j’ai été émerveillée. C’est une vraie vie d’héroïne dans cette Angleterre victorienne que j’aime tant. J’ai transformé cette vraie vie en une fausse autobiographie, celle de Charity Tiddler, une héroïne qui, au fond, me ressemble, petite fille enfermée dans un cercle magique, et qui, peu à peu, lentement, parvient à exister aux yeux des autres. Elle en dessinant, moi en écrivant. » Marie-Aude Murail

C’est ça et plus que ça encore, car Charity avant de se réaliser dans cette Angleterre puritaine, effectivement grâce à l’aquarelle que sa gouvernante française lui a enseignée, Charity, abandonnée dans sa nursery par une mère « pour qui un enfant pouvait à la rigueur être vu, mais jamais entendu », Charity ignorée par un père qui regrette trop longtemps le garçon qu’il n’a pas eu, Charity moquée par ses cousines si à l’aise dans leur époque, Charity échappe à la folie.
Et c’est ça l’important, c’est que grâce à sa capacité de s’émerveiller, sa curiosité pour tout ce qui est vivant, fut-ce un rat, un crapaud ou un oiseau borgne, sa volonté farouche d’exister comme elle l’entend, et grâce aussi à quelques personnes pédagogues ou bien inspirées comme sa gouvernante française, le précepteur allemand ou Bernard Shaw (oui ! l’homme de théâtre, car dans ce livre on rencontre aussi Bernard Shaw, Oscar Wilde, on y parle de Shakespeare, Dickens…), sa bonne qui la laisse s’exprimer à sa guise, les enfants qui accèdent immédiatement à ses talents de conteuse, Charity vivra une vie mille fois plus pleine et réussie que les femmes de son entourage.
Résilience, disais-je plus haut.

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