Surréaliste !

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Vous connaissez le principe du « cadavre exquis » ?

« Jeu qui consiste à faire composer une phrase ou un dessin par plusieurs personnes sans qu’aucune d’elles puissent tenir compte des collaborations précédentes »                                              (cf. Dictionnaire abrégé du surréalisme)

Sur le coup, vous ne voyez que la méduse, bien dessinée, finement décorée… puis vous avisez son espèce de tête d’aubergine… interloqué, vous tournez alors le livre et, sur la 4ème de couverture, tout est dit :

En 1973, Stanley Cohen et Herbert Boyer, deux chercheurs américains, utilisent pour la première fois les techniques de recombinaison de l’ADN pour créer ce qu’ils appelleront une chimère génétique. Le nom quelque peu connoté risquait d’être mal perçu par le public et a donc été abandonné pour finalement s’appeler organisme génétiquement modifié (OGM). Julie Lannes a recueilli des textes scientifiques qui faisaient état de diverses expériences de manipulations génétiques. Puis elle s’est appliquée à imaginer et représenter les plantes qui pourraient naître de ces recherches.

« Chimères génétiques » n’est donc pas tout à fait un ouvrage de fiction, ni tout à fait un documentaire. Intrigué, vous ouvrez le livre, un bel album, élégant par son format (35 cm sur 25 cm), ses pages de garde marron glacé illustrées délicatement par quatre de ces fameuses chimères, la couleur crème de son papier… et c’est presque (!) un enchantement.

Imaginez les animaux d’Audubon mâtinés des roses de Redouté : sur la page de gauche, le dessin de la « chimère » à l’encre noire, suivie  du nom latin de ce « cadavre exquis » ainsi que de quelques explications sur sa création scientifique et, sur la page de droite, l’interprétation colorée cette fois qu’en fait Julie Lannes.

Ces magnifiques planches sont traitées comme un herbier, avec les racines, la tige, les feuilles, les fruits, sauf que des poissons poussent sur les fraisiers et les pommes de terre ressemblent à des grenouilles ou des méduses… mais lorsque le plant de riz porte des embryons humains ou le pied de tomates des coeurs, style planche d’anatomie, on commence à ressentir un peu d’effroi.

Et pourtant ces « chimères », monstres fabuleux issus de croisements monstrueux, existent déjà. Créations de scientifiques géniaux ou créatures d’apprentis sorciers ? Les contes regorgent d’apprentis sorciers dépassés par les événements en cascade qu’ils ont déchaînés mais ne maîtrisent plus.

Ne boudons pas notre plaisir, cet album édité en mai 2011 par l’Atelier du poisson soluble est original et d’une grande beauté, en plus de faire réfléchir au problème des O.G.M.

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Une réponse "

  1. Justement, je viens de m’offrir ce livre ! La couverture m’a tout de suite plu, étrange et raffinée. J’ai d’ailleurs exposé le livre chez moi sur un étagère : c’est comme un petit tableau…

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