Mandchourie 1945

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Physiquement, une fois n’est pas coutume : un gros manga CARTONNE de 334 pages en noir et blanc et qui se lit de gauche à droite. Quant au scénariste, un Italien : Giovanni Masi !
En fait, l’éditeur préfère parler de « roman graphique ».
L’illustratrice, Yoshiko Watanabe, a réalisé ou participé à de nombreux films d’animation (dont Astro boy, etc.) et elle enseigne le dessin manga à l’Ecole de la bande dessinée de… Rome.
« L’histoire de Sayo »

éditée par Dargaud en 2011,

est un récit historique inspiré d’une histoire vraie sur « le drame des Japonais installés en Chine pendant la Deuxième Guerre mondiale ».
Si l’Histoire de la Chine et du Japon vous sont un peu étrangères,  surtout si vous n’avez lu jusqu’à présent sur ce sujet que  « Le lotus bleu » d’Hergé (!), sachez simplement que la Manchourie, territoire situé au nord-est de l’Asie a été occupé par le Japon entre 1931 et 1945. A la fin de la guerre, en 1945, entre les bombardements atomiques d’Hiroshima et de Nagasaki, l’Union Soviétique – comme elle l’avait promis aux Alliés – attaque les Japonais et, en quelques jours, occupe la Mandchourie, la Corée, etc.

Je vous invite à lire le petit dossier de 7 pages qui figure à la fin du volume, il explique comment scénariste et illustratrice ont travaillé à partir des souvenirs de Yoshiko Watanabe, la petite Miyako de l’histoire et comment ils se sont attachés à rendre le quotidien de cette vie à travers le réalisme des vêtements, des objets, des maisons…

Humiliations et violences répétées de la part des Chinois ne supportant plus les colons Japonais, recherche lancinante de nourriture, dénonciations, tromperies au sein même de la communauté japonaise, puis peur des soldats de l’Armée rouge, c’est tout cela que nous raconte Miyako, entre le moment où son père qui vit avec eux à Tsing Tao (Mandchourie) est mobilisé dans l’infanterie japonaise et leur difficile retour au Japon où elle aura la chance de le retrouver vivant. Un récit extrêmement poignant vu à travers les yeux de sa maman, Sayo, obligée de se débrouiller seule avec elle et le futur bébé dont elle est enceinte. D’ailleurs le passage de l’accouchement à l’hôpital de Dairen est assez hallucinant, grassement monnayé au docteur Tezu, petit clin d’oeil à Osamu Tezuka et son « docteur » Black Jack, personnage du manga éponyme.

Si l’histoire de la Mandchourie vous a interpellé, vous pouvez également lire le roman de Shan Sa : « La joueuse de go », Prix Goncourt des Lycéens en 2001.

Bonnes lectures !

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