Barbarie

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Sous cette sobre couverture se cache un film d’horreur : Raphaël DALLAPORTA a photographié trente cinq mines antipersonnel parmi plus de cent cinquante modèles rassemblés à l’Ecole du Génie d’Angers, qui forme les personnels de l’armée de Terre aux métiers du génie et sensibilise aux dangers des mines.

Chaque mine photographiée par Raphaël Dallaporta est à sa taille réelle, généralement présentée frontalement et sur un fond noir qui la rend plus dramatique encore. Sur la page de gauche,  on peut lire sa description technique, froide et neutre, comme celle-ci : « (…) La Type-72b est dotée d’un dispositif anti-manipulation qui empêche sa neutralisation ou son désamorçage. Basculée de plus de 8 degrés, elle explose et arrache le membre qui l’a heurtée. »

Alors où est le film d’horreur ? Eh bien, dans nos têtes… si l’on imagine que « Chaque année, 15 à 30 000 personnes sont mutilées par une mine, soit une moyenne de 500 nouveaux blessés chaque semaine, ou encore une personne mutilée toutes les 20 minutes. Au cours des 25 dernières années, les mines antipersonnel pourraient avoir fait plus d’un million de victimes tuées ou mutilées. Enfin, sachez qu’il faudrait aujourd’hui 1000 ans pour débarrasser la planète de toutes les mines et si, bien sûr, l’homme arrêtait d’en poser de nouvelles. » (cf. http://www.droitsenfant.com/mines.htm)

Mais justement, Raphaël Dallaporta ne nous montre pas les victimes, il nous montre « ces soldats parfaits qui patiemment attendent leurs victimes », comme le dit Sam Stourdzé, directeur de musée de l’Elysée à Lausanne, coéditeur du livre avec les éditions Xavier Barral.

Il y a quelques années, PEF avait écrit et illustré « Une si jolie poupée » (aux éditions Gallimard, 2001),

qui expliquait comment, dans un pays en guerre, une poupée toute neuve racontait sa rencontre avec l’enfant qui serait sa maman… La poupée était une mine anti-personnel et cet album avait choqué.

Même si Sam Stourdzé dit que c’est « une assertion sans fondement qui veut que les marchands d’armes fabriquent des mines en forme de jouet pour piéger les enfants. », il ajoute « La vérité, c’est qu’ils n’ont même pas besoin d’être aussi machiavéliques, car les enfants vont partout, jouent avec tout, creusent dans la terre et le sable. De fait, ils sont souvent les premiers à trouver l’objet qui causera leur perte. »

Barbarie, vous disais-je …

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