Au bord du lac

Par défaut

Deux histoires de re-naissance qui n’auraient rien en commun, si ce n’était un oiseau : le plongeon…

« Le garçon qui s’enfuit dans les bois« 

51G56T2QDQL._SX388_BO1,204,203,200_

est une histoire vraie. Un épisode douloureux – au sens propre et au sens figuré – de l’enfance de l’écrivain américain Jim HARRISON, lorsqu’à sept ans il perd son oeil gauche dans des circonstances absurdes.

Révolté, il va s’ensauvager jusqu’à risquer la maison de redressement… Mais un été, son père et ses jeunes oncles – tout juste revenus de la guerre en Europe – décident de construire un chalet au bord d’un lac du Nord-Michigan. Petit à petit, Jimmy va cesser de courir en tous sens et apprend à observer la nature et les animaux qui l’entourent.

« Son préféré était le plongeon, un splendide oiseau aquatique de la famille des canards, qui chantait une mélodie limpide, semblable aux pleurs d’un fantôme. Comme tous les jeunes humains, Jimmy adorait être effrayé par le mystère de la vie. Ce fut d’ailleurs le plongeon qui lui causa des ennuis. Son frère John, qui lisait couramment, avait lu à Jimmy maintes histoires sur de valeureux Indiens, si bien que Jimmy mourait d’envie de devenir un Indien. John inventait parfois des blagues ; un soir où la nuit était particulièrement sombre, il dit à Jimmy qu’il suffisait de nager en eau profonde au-delà des tortues géantes pour attraper le plongeon qui se cachait parmi le massif de roseaux situé au milieu du lac. »

Le texte de Jim HARRISON est agréablement mis en valeur par les dessins à la plume aquarellés de Tom POHRT, sur du papier ivoire,  dans un album de 24 cm sur 19, coédité par Le Seuil et Christian Bourgois en 2001.

Cinquante ans après cet été-là, et des dizaines de livres écrits depuis,

« le vieux Jimmy se souvient en souriant de toute l’histoire de son enfance difficile. Assis sur le rivage d’un lac immense, il regarde un plongeon qui chante sa mélodie adorable et fantomatique très loin au-dessus de l’eau. Sur le rivage il aperçoit trois corbeaux curieux qui, dressés sur le sable, observent le plongeon. Puis les corbeaux regardent Jimmy, qui est à ce moment-là vieux et très jeune, et Jimmy regarde le plongeon très loin au-dessus de l’eau, ce plongeon dont le chant ramène tout le monde à la vie.

***

« Le secret de Dillon« 

51K7XGSYD8L._SX325_BO1,204,203,200_

est un roman de Kate BANKS qui se déroule également tout un été au bord d’un lac. Dillon, jeune garçon de dix ans, se trouve lui aussi confronté à un épisode difficile de sa vie et c’est à la compagnie d’un couple de plongeons huards qu’il doit de retrouver une certaine sérénité.

« Le huard ouvrit le bec. Mais il ne rit pas. Il secoua frénétiquement ses plumes et la tête. Puis il picota tout doucement la main de Dillon, dans la partie charnue située entre le pouce et l’index. Dillon se releva brusquement et recula.

– Qu’est-ce que tu fais là ? demanda-t-il.Mais le huard ne lui répondit pas. Il commença à creuser la terre sous ses pattes à coups de bec, amassant toutes sortes de débris. Puis il se mit à empiler des petites brindilles et de la mousse sur le pied gauche de Dillon.

– Qu’est-ce tu fabriques ? s’exclama Dillon. C’est ma basket !

Le huard n’en continua pas moins de creuser et d’amasser ses petites brindilles. Lorsque Dillon essaya de retirer son pied, l’oiseau poussa un ululement sonore. Il s’arrêta et considéra Dillon d’un oeil rouge qui semblait insondable.

– C’est bon, concéda Dillon.

Il s’accroupit, délaça sa basket et se déchaussa très lentement. »

Pour les amateurs de récits sur la nature, ces deux textes sont un délice. Rien de cruel comme dans le terrible récit de Jack London : « Construire un feu » dont j’ai déjà parlé précédemment, mais des moments décrits tout en finesse, calmes, poétiques, et cependant riches de suspense.

Publicités

"

  1. Pingback: Jim Harrison | serialblogueuses

Un petit commentaire ?

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s