"La colline aux coquelicots"

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Yokohama 1963… Soit une petite ville portuaire avec ses échoppes traditionnelles et ses petites maisons, où les jeunes gens dévalent la colline à vélo ou se rendent à pied au lycée, en uniforme… et rêvent d’amour.
Au début du film, on se demande si Umi est la domestique, puis on comprend que c’est la jeune fille de la maison, mais son père est mort, sa mère est à l’étranger, elle vit auprès de sa grand-mère dans leur belle maison de la « colline aux coquelicots » reconvertie en pension de famille et, avant de se rendre au lycée chaque matin, elle met la maison en ordre et prépare le déjeuner des pensionnaires.

Le Japon est en plein boom économique, les personnages principaux, Umi, Shun, Sora, Yoshio, sont nés pendant la guerre et incarnent à merveille cette génération des années 60 qui cherche sa voie entre la fidélité au passé et leur désir de modernité.

Umi, malgré ses airs timides de jeune fille de maison « parfaite », aspire à devenir médecin comme son grand-père, c’est elle qui va sauver de la démolition le beau bâtiment du foyer des lycéens, le « Quartier latin », en ralliant à sa cause les filles du lycée, c’est elle qui va prendre les initiatives dans l’histoire d’amour avec Shun, histoire pourtant bien mal partie, en cherchant la vérité vaille que vaille.

D’ailleurs dans ce dessin animé, les personnages féminins, même si certains grincheux peuvent les trouver caricaturaux, sont extrêmement positifs et indépendants : la mère de Umi et Sora est professeur à l’étranger, et déjà avant la naissance d’Umi elle s’était opposée à ses parents pour leur faire accepter son mariage avec un « simple » marin, quant aux jeunes femmes de la pension de famille ce sont une artiste-peintre, une jeune interne en médecine et une secrétaire.

Esthétiquement, à mon goût, c’est un beau film, les décors sont à la fois réalistes et très poétiques, l’histoire est assez « linéaire », bien ancrée dans la vie de l’époque (quelques mois avant les Jeux Olympiques d’été de Tokyo) avec tout de même quelques discrètes allusions à l’histoire du Japon (la guerre de Corée avec la mort du père d’Umi, Hiroshima et la disparition de la famille de Shun , on ne peut s’empêcher de penser au tsunami avec la chanson « Des vagues d’un bleu profond »…). Mais on y déguste aussi des yeux les nombreux plats que cuisine Umi, de même que le tableau peint par l’étudiante aux Beaux-Arts, Sachiko Hirokoji, où l’on voit le remorqueur qui passe chaque matin et répond au message des drapeaux hissés par Umi. Enfin, musique et chansons contribuent, comme d’habitude, à notre plaisir.

Vous pouvez écouter ici une interview de Gorô MIYAZAKI et découvrir, entre autres, pourquoi les petits clins d’oeil à la France, sur le site français du studio Ghibli.

En voyant « La colline aux coquelicots », j’ai beaucoup pensé à « Si tu tends l’oreille » de Kondo Yoshifumi, également sur un scénario de Miyazaki Hayao au studio Ghibli et lui aussi tiré d’un manga.

A propos du manga « La colline aux coquelicots », de Chizuru Takahashi et Testsuro Sayama

(nouvelle édition chez Delcourt en un gros volume de plus de 300 pages) qui a inspiré le film éponyme, lisez-le si possible avant d’aller voir le film. Je l’ai lu après et j’ai été déçue, l’histoire « coule » mieux dans le film qui semble n’en avoir gardé que l’essentiel ce qui donne aussi plus d’épaisseur aux personnages.                                                                                                                                       Dans le manga, on peut noter le rôle différent de la grand-mère, la présence du grand-père, la mère qui apparaît comme une évaporée, exit la geisha et les dettes de mah-jong, on se bat pour la suppression du port de l’uniforme, Umi elle-même a moins de force et le drame qui se joue entre elle et Shun n’arrive qu’en dernière partie… Ce qui ne veut pas dire qu’il ne faut pas le lire, c’est très intéressant de découvrir ce shôjo romantique des années 80, plutôt destiné aux filles, avec ses décors fleuris et ses petites vignettes, etc., mais le lire après avoir vu le film l’affadit quelque peu et c’est dommage.

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