Eloge de la lenteur

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Soyons clairs tout de suite : ce livre n’est pas fait pour les victimes du « speed »-quel qu’il soit !

Le personnage de ce nouveau manga de Jirô TANIGUCHI

est un promeneur : « Géomètre et cartographe, il arpente la ville, mesurant les distances, comptant chacun de ses pas, afin de dresser la première carte moderne du Japon. » (cf. le rabat de la couverture du livre chez Casterman collection « écritures »)

Ceci posé en préambule, pour le promeneur « au gré du vent » que nous sommes dans les superbes dessins de Taniguchi, tout est délicieux . Déjà, le sommaire : double page de mots (« l’orage », « les lucioles », « la lune »…) qui sonnent comme une promesse de haiku ou évoquent des détails de peintures d’Hiroshige (« la pluie », « le chat », « la neige »…). Puis chacune de ces quinze histoires, d’une dizaine de pages, prétexte à découvrir la ville d’Edo en ce début du XIXème siècle avec son architecture, ses petits métiers ou ses charmes intemporels comme la soudaine floraison des cerisiers qui ravissent encore de nos jours les Tokyoïtes et l’apparition du mont Fuji enneigé, au loin, prétexte également à rencontrer Issa, célèbre poète de l’époque et effleurer des légendes traditionnelles comme celles « du bouvier et de la tisserande » ou celle « du lapin qui habite sur la lune ». Autre élément sympathique de ce livre : le personnage de la femme de notre promeneur, intelligente, cultivée, proche de lui intellectuellement et physiquement, faite de patience et d’humour et qui n’hésitera pas à l’accompagner dans sa nouvelle quête.

En même temps que la lecture de ce manga apaisant et à mesure que s’affermit le pas de notre promeneur – inspiré sans doute du géographe Tadataka Inô (1745-1818) -, dégustez tranquillement « Les trente six vues du Mont Fuji » du peintre Hokusaï ou « Les cent vues célèbres d’Edo » d‘Hiroshige pour y retrouver quelques détails repris par Taniguchi (comme « les feux des renards à la veille du Nouvel An sous l’arbre d’Oji », « l’averse » ou « la plaine Juman-tsubo à Susaki, Fukagawa » par exemple), imprégnez-vous des poèmes de Basho, et pour achever de vous dépayser, lancez-vous dans les dessins de Florent Chavouet et ses bien actuelles cette fois « Promenades à Tokyo » (« Tokyo Sanpo« ) éditées par Philippe Picquier.

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