L'autre partie de moi-même

Par défaut

L’autre partie de moi-même de Anne-Laure Bondoux chez Bayard

« Au moment où j’écris ces lignes, j’hésite encore à achever ce que j’ai entrepris. Publier ce récit me donne l’impression d’aller à la piscine en compagnie de gens qui m’ont toujours vue avec un pull et un pantalon…Vais-je me jeter à l’eau, ou rester timidement cachée dans les vestiaires ? »

Comment qualifier cet ouvrage de Anne-Laure Bondoux : est-ce un roman ? Non, ce n’est pas une œuvre de fiction. Une autobiographie? C’est l’auteur qui décide.

Est-ce un livre « jeunesse » ?

Et quelle est cette autre partie de nous-même (« nous » parce qu’elle est commune à chacune d’entre nous) dont elle parle ?

Un accident de voiture dont elle pense être responsable, terrifiant puisqu’il met en scène la mort d’un enfant, est le déclencheur d’un jeu de pistes, jeu de massacre, comme ces poupées russes enfermées les unes dans les autres et qui révèlent au hasard des manipulations de nouveaux visages.

« Dans un naufrage, certaines choses coulent à pic et disparaissent, tandis que d’autres remontent à la surface. Les débris légers, les vêtements, les morceaux de plastique, les papiers…Voici ce que je peux repêcher, le soir du 25 octobre : quelques fragments insubmersibles de mon identité. Des morceaux pour faire un puzzle. »

Alors elle tamise sa vie, cherche les pépites, déniche ces vérités cachées dans les branches de l’arbre généalogique qui irriguent ou obscurcissent sa vie.

C’est comme une valise reçue en cadeau de naissance, dans laquelle on rangerait soigneusement les souvenirs du premier souffle, des premiers pas, des premières colères… Toutes ces premières fois qui nous construisent ou nous détruisent.

Mais la valise est encombrée avant même d’être ouverte. Alourdie par le souvenir d’amours, de deuils, de souffrances niées, de silences inexplicables et inexpliqués qui ne nous appartiennent pas : il y a la mère, le père, et la sœur, une famille à la fois véritablement heureuse et faussement épanouie, et chacun devient le dépositaire des angoisses de l’autre.

Il y a de l’amour, du plaisir, de la souffrance, de la violence aussi…

Il n’est pas question devant une démarche aussi personnelle de parler d’adhésion ou non à ce type de projet littéraire. C’est simplement, entre pudeur et impudeur, le récit d’une renaissance, et j’ai beaucoup aimé.

Publicités

Un petit commentaire ?

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s