Le secret d'Orbae

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« De retour chez lui, Cornélius se mit à lire le mémoire de l’aubergiste. Où pouvait bien être parti le vieil homme ? Pourquoi faisait-il mention de cette mystérieuse toile à nuage ? Savait-il que Cornélius en avait acheté un lot, par le plus mystérieux des hasards ? Autant de questions qui le troublèrent au point qu’il en vint à oublier ses propres affaires.

Et c’est ainsi que Cornélius, l’austère marchand qui ne s’était jamais soucié du bleu des lointains, se retrouva un jour sur les routes, à la recherche des îles Indigo.« 

Rappelez-vous, c’est ainsi que se terminait le premier volume de la trilogie « Atlas des géographes d’Orbae » où François PLACE détaillait de A jusqu’à Z les mondes imaginaires du pays des Amazones au pays des Zizotls.

Et c’est ainsi que nous retrouvons Cornélius Van Horn, dans un très beau coffret édité par Casterman en octobre 2011 :

« Le secret d’Orbae« ,

sorte de somme de toutes ces histoires, de tous ces pays, de toutes ces cartes, au travers desquels Cornélius tire comme un fil qui nous tient en haleine jusqu’à la fin de ses incroyables aventures.

Le coffret est superbe, disais-je, d’ailleurs le jury de la Foire du Livre de Bologne ne s’y est pas trompé, lui attribuant le Bologna Ragazzi Fiction 2012, complémentaire, en quelque sorte, de celui déjà reçu en 2000 pour l’ « Atlas des géographes d’Orbae ». Un coffret noir, mystérieux, dans lequel vous découvrez deux récits de voyages, celui de Cornélius et celui de Ziyara, qui composent en outre un roman d’amour. Ziyara, rappelez-vous, la jeune gardienne de chèvres devenue Grand Amiral des Mers Océanes du « Golfe de Candaa »… Et illustrant ces récits de voyages, 18 grandes illustrations dans un port-folio représentant la carte établie par Cornélius Van Horn des différentes parties du monde connu.

Au fur et à mesure que se déroulent l’histoire de Cornélius et celle de Ziyara, d’abord distinctes puis se rapprochant, s’écartant à nouveau pour enfin n’en faire plus qu’une, rien n’est plus agréable que de se replonger dans les trois volumes de « L’Atlas », retrouver le prince Sordoghaï s’exposant par désespoir au souffle de l’Huluzül qui écorche la peau, chevaucher les lentes tortues des Pierreux, se rappeler les innombrables caprices de l’Empereur de Jade, retrouver la mémoire d’anciens compagnons comme Zénon d’Ambroisie ou Nangajiik…

 

Voyages terrestres, aventures maritimes, routes des épices ou de la toile à nuage, lectures à plusieurs voix / voies (!), c’est un régal que de se lancer dans cette nouvelle réalisation de François Place, même si l’on pressent que cette fois, après « Les derniers géants » et les trois volumes de « l’Atlas », c’en est peut-être terminé, qu’il va passer à autre chose (?). Déjà « La douane volante », roman fantastique et initiatique paru dans l’intervalle (en 2010 chez Gallimard), et sans aucune illustration hormis celle de la couverture, avait révélé chez lui d’autres passions que celle des cartes.

En attendant, délectez-vous, vous aussi de toute la diversité des « Terres Intérieures » :

« La carte ne se contentait pas d’en reproduire l’infinie diversité, dans un bruissement de couleurs dont seule une musique, peut-être, aurait pu rendre compte, elle en révélait les beautés les plus secrètes, les souvenirs les plus lointains. Il suffisait de se pencher au-dessus pour apercevoir les monts, les bois et les rivières, et de se rapprocher davantage encore pour discerner un coin de rochers, une rive où il devait faire bon s’allonger sous la course des nuages. (…) Exactement comme s’il nous avait poussé des ailes, nous pouvions survoler ses paysages, découvrant dans le moindre de ses plis, les innombrables traces de son histoire et de ses bouleversements. En soufflant légèrement dessus, je pouvais presque voir trembler la surface des lacs, frissonner les forêts qu’on y avait peintes, et même s’envoler des myriades d’oiseaux minuscules. C’était un monde à parcourir, un monde à habiter. Un monde où l’on pouvait se perdre. Je ne vis pas passer les heures. Je me plongeai dans sa contemplation. Instinctivement, mes yeux revenaient sans cesse vers le centre, explorant la grande tache verte de l’océan des herbes à nuage.« 

[Un petit plus : Regardez dessiner François Place ]

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