Max n'a plus son papa

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Eh oui ! Maurice SENDAK est mort ce mardi 8 mai 2012.
Maurice Sendak ?
Allez ! Faites un petit effort de mémoire… Il n’y a pas si longtemps qu’on vous a lu ce livre, à la maison, à l’école ou… à la bibliothèque.

Bien sûr :

Peut-être vous avait-on lu aussi le délicieux « Un baiser pour Petit Ours » d’Else H. Minarik ?

ou « Monsieur le lièvre, voulez-vous m’aider ? » de Charlotte Zolotow ?

Peut-être encore vous rappelez-vous « Cuisine de nuit » si moderne, si étonnant avec ses clins d’oeil cinématographiques ou littéraires ?

Mais il serait dommage d’être passé – parce que ce sont des livres plus difficiles – à côté d’albums extraordinaires comme « Quand papa était loin » où Sendak prend son inspiration auprès des Romantiques allemands comme Caspar David Friedrich ou Philipp Otto Runge.

Sur le thème de l’absence, mais aussi le tragique de l’enlèvement d’un enfant, Maurice Sendak peint là d’impressionnants paysages avec des fenêtres qui s’ouvrent sur des tempêtes, de sombres nuages, des grottes, des ponts, sur lesquels sont campés des personnages presque hyperréalistes, comme des incrustations de portraits photographiques.

Ou bien « Chère Mili« , sur un texte des frères Grimm à propos des enfants confrontés à la guerre, que Sendak rend « contemporain » par une illustration/allusion aux enfants juifs réfugiés à Izieu et raflés en 1943 sur ordre de Klaus Barbie.

Ou bien encore ses illustrations de l’opéra pour enfants  « Brundibar« , hommage à son compositeur Hans Krasa, aux enfants et aux musiciens du camp de concentration de Terezin qui le jouèrent en 1944 avant d’être déportés et exterminés à Auschwitz… Maurice Sendak était très marqué par la Shoah qui avait fait disparaître une partie de sa famille.

Sans oublier : « On est tous dans la gadoue » sur deux nursery rhymes que Sendak transpose dans le monde terrible de la misère, de la maladie, des enfants des rues, de Dickens à nos jours…

« We are in the dumps / For Diamonds are trumps / The Kittens are gone to St Paul’s ! / The baby is bit / The moon’s in a fit / And the houses are built / Without walls. »

(Traduction d’Anne Trotereau pour le livre de Sendak : « On est tous dans la gadoue / Car c’est le rat qui prend tout / Les chatons sont mis au trou / Le bébé n’est plus à nous / Notre lune est en courroux / Et la maison, c’est l’égout. »)

Alors, lisez ou relisez Maurice Sendak, c’est le plus bel hommage que vous puissiez faire à cet artiste qui avait reçu dès 1964 la Médaille Caldecott qui récompense aux Etats-Unis le meilleur ouvrage illustré pour enfants.

La plupart de ses livres traduits en français ont été édités par l’Ecole des Loisirs et sont encore disponibles chez l’éditeur. Sinon, cherchez-les dans votre bibliothèque préférée !

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