Voie interdite

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Voie interdite d’Anne Vantal chez Actes Sud

« Le jeune homme se leva sans hâte et saisit le gros sac à dos qu’il avait posé sur le siège voisin. Un coup d’œil autour de lui confirma que le wagon était désert, à l’exception de la femme âgée qui dormait depuis le départ et ne lui avait prêté aucune attention. Par précaution, il rabattit la capuche de son sweat-shirt sur son front et se dirigea vers la porte. »

Le décor est planté : une petite gare déserte dans la campagne et une silhouette anonyme qui s’enfonce dans la forêt.

On le devine, c’est un fugitif : mais la fuite a été organisée, planifiée, il y a de la nourriture, des vêtements de rechange.

« Le jeune homme retourna fouiller son sac. Dans l’une des poches de côté, il avait fourré à la hâte quelques menus outils : un petit marteau, un manche de tournevis sur lequel on pouvait adapter plusieurs embouts, trois paquets de vis assortis… »

Il a tout prévu, un rationnement alimentaire, l’approvisionnement en eau…

« Il lui fallait donc apprendre à vivre en autarcie presque complète…

Le seul risque, dont il était pleinement conscient, était de se laisser aller, de perdre le contrôle… »

Que fuit-il ? On devine chez ce personnage une froideur, un détachement troublant.

C’est Patou qui l’a élevé ; Patou c’est son  grand-père. Celui qui a du endosser les rôles de tous les membres d’une famille invisible : le père inconnu, la mère si vite enfuie.

Et puis il y a Alexia :

« De nouveau, Alexia s’immisçait dans ses pensées. Il avait échafaudé tant de projets ! Il avait rêvé de partager ses moments avec elle, de découvrir à ses côtés ce territoire tout neuf, de lui parler de Patou. Ils auraient pu disparaître ensemble. Au lieu de cela, songea -t-il avec tristesse, elle l’avait tout bonnement laissé tomber. Elle avait refusé de partir, refusé de vivre avec lui, refusé son amour. »

L’évocation nostalgique de cet amour perdu, la douceur de ces souvenirs fait peu à peu place à un auto-apitoiement grinçant, à une haine implacable .

Le malaise s’installe progressivement et la fin, très réussie, est absolument glaçante !

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