A l'Ouest, du nouveau…

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Ceux qui sont désorientés par le côté (trop) calme des mangas de Jirô TANIGUCHI devraient apprécier celui-ci :

« Sky Hawk » (Casterman, 2009)

« Hikosaburô et Manzô, deux samouraïs exilés aux Etats-Unis depuis la restauration de Meij (1868), vivent de leur chasse sur le territoire des Indiens Crow. Un jour, Hikosaburô porte secours à une Indienne, Running Deer, poursuivie par des chasseurs de prime. Ils sont sauvés in extremis par un groupe de guerriers Oglagla conduits par Crazy Horse. Le chef indien, fasciné par la technique de combat des deux samouraïs, les invite à rejoindre son campement pour enseigner le ju-jitsu à ses hommes. Une profonde amitié va alors naître entre eux. Devenus Sky Hawk et Winds Wolf, les deux samouraïs vont lutter aux côtés des Indiens contre les hommes blancs venus à la conquête de l’Ouest. La bataille pour sauver leur terre sacrée des Black Hills s’annonce terrible, mais ces valeureux guerriers sont bien décidés à lutter jusqu’au bout.

Avec SKY HAWK, Jirô Taniguchi nous livre un western fascinant où bushidô japonais et code d’honneur indien se retrouvent autour des mêmes valeurs. Les décors du far-west américain et le style épuré de l’auteur servent à merveille l’histoire d’une amitié improbable. » (cf. texte de présentation de l’éditeur)

Improbable… C’est sûr, encore que l’émigration japonaise vers d’autres pays débuta bien dans les années 1870, ce qui rendrait plausible cette histoire. Après… tout est dans l’art de Taniguchi de nous emporter avec ses deux samouraïs aux côtés des Indiens, et tout particulièrement de la tribu de Crazy Horse, dans cet épisode tragique de leur Histoire.

Les « Blancs », non contents d’exterminer en masse les bisons indispensables à la survie des Indiens des Plaines, violent sans cesse les accords signés entre le gouvernement américain et les Indiens à propos de leurs terres. Le but étant la main mise des colons sur tout le territoire, l’exploitation des mines d’or, la construction du chemin de fer, quitte à traverser et détruire tous les sites sacrés des Indiens comme les Black Hills où « les guerriers viennent méditer dans l’attente des révélations du Grand Esprit« .

« Dans le traité de 1868, le Gouvernement des Etats-Unis a jugé que ces montagnes étaient sans valeur et accepté que « tant qu’y pousseraient des plantes et que l’eau y jaillirait », elles resteraient la propriété des Indiens. Or Custer a transmis un rapport selon lequel les Collines Noires renfermeraient de riches gisements d’or. (…) La piste ouverte par Custer sous prétexte d’exploration est rapidement envahie par des aventuriers blancs armés, et on lui donne même le nom de « chemin des voleurs ».

Violés par les chercheurs d’or, bafoués par les envoyés du Gouvernement américain, ces traités ne servent qu’à repousser les Indiens loin de leurs terres, leur faire abandonner leur mode de vie et les parquer dans les réserves que l’on sait où ils mourront de maladies, d’alcoolisme, de dépressions nerveuses ou de suicides. Certaines tribus ont ainsi totalement disparu. Crazy Horse lui-même se résignera à se rendre en 1877 et mourra la même année dans une réserve.

En attendant, Taniguchi, dans son manga, décrit avec énergie et violence la célèbre bataille de Little Big Horn où le général Custer perdra la vie le 25 juin 1876 au « mois des herbes hautes« .

A propos du Général Custer, voici un extrait terrible – (âmes sensibles, s’abstenir) –  du film d’Arthur Penn : « Little big man » (1970)  :

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