Quatre Filles et un jean : pour toujours

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Quatre Filles et un jean : pour toujours

de Ann Brashares

traduit de l’américain par Vanessa Rubio-Barreau

Gallimard jeunesse – mai 2012

Carmen, Lena, Bridget et Tibby ont grandi, s’apprêtent à fêter leurs 30 ans. Elles se sont un peu éloignées, selon des trajectoires très différentes : Carmen est désormais une actrice en vue prête à se marier sans amour, Lena passe son temps à regretter Kostos, Bee papillonne en Californie, et Tibby a accompagné Brian jusqu’en Australie. C’est cette dernière des quatre copines qui va proposer des retrouvailles en Grèce, dans la maison des grands-parents de Lena.

On savait qu’Ann Brashares excellait à dépeindre avec naturel et vivacité les sentiments – amitié, amour et toutes leurs conséquences – pour les adolescents, et aussi pour les jeunes adultes (Toi et moi à jamais…). Elle réussit donc pleinement cet exercice de la suite à dix ans de distance, reprenant et affinant la personnalité de ses héroïnes. Elle a le bon goût de ne pas leur avoir inventé des parcours dans la droite ligne du lycée et de l’université, mais d’avoir nuancé, tourné et détourné les traits de caractère qu’on leur connaît déjà. Tout s’accélère, le temps des choix arrive, susceptible de conditionner le reste de leur existence.

De fait, mort et naissance, inconscience et responsabilité, joies et peines vont se mêler inextricablement pour former le fantastique bazar de la vie. Il y a les hommes, de plus en plus présents même s’ils parlent et agissent peu, points de repère des quatre copines (Ann Brashares les a choisies toutes hétérosexuelles, pour le coup). J’ai juste regretté de ne pas les voir travailler au quotidien, à part Carmen dans les séries télévisées… on y perd un petit peu en crédibilité. Mais on y rêve mille fois plus, et la lectrice aimant les rires, les pleurs, les frissons ne peut que s’y retrouver, encore et encore.

S’identifie-t-on à une des quatre filles en particulier ? Peut-être, ou bien on prend le petit groupe à bras le corps, oscillant de l’une à l’autre selon l’humeur et le récit ; avec un narrateur externe mais souvent du discours indirect libre, l’auteure suit chacune des amies tour à tour, avec une préférence pour la solide et pétulante Carmen. Rythmé autour d’un événément-clé – que je vous tairai ! – qui intervient dans le premier tiers du roman, coupé de citations bien choisies (comme pour montrer le côté universel de ces quatre vies), Quatre Filles et un jean : pour toujours se déguste et se dévore dans la quasi-extase d’une lecture à la fois simple et de qualité. Ca se passe presque de mots, ça se vit. On quitte ces amies pas comme les autres à regret, mais gonflé à bloc pour sauter à pieds joints dans ses propres projets.

Une petite remarque : quid du lectorat ? Evidemment, vous pouvez avoir grandi avec les Quatre Filles, à la façon de ceux qui ont suivi Harry Potter. Mais Pour toujours peut presque se lire indépendamment si on accepte de perdre un petit bout de la saveur des relations entre les personnages. Une trentenaire se régalera de toute façon avec l’ensemble de la série, dont les débuts lui permettront de faire un petit retour en enfance… A contrario, je ne suis pas sûre qu’une jeune adolescente appréciera la profondeur de ce tome, en tout cas sans avoir lu les précédents.  Bref, c’est un peu délicat à mon avis.

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