La fille qui ne croyait pas aux miracles

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La fille qui ne croyait pas aux miracles de Wendy Wunder chez Hachette

« Liste flamand rose :

– Perdre ma virginité pendant une fête de lycéens bien arrosée.
– Me faire briser le cœur par un sale type.
– Me morfondre misérablement, pleurer, bouder et dormir durant un samedi entier.
– Passer un moment gênant avec le petit copain de ma meilleure ami.
– Me faire virer d’un boulot d’été.
– Faire tomber une vache qui dort debout.
– Détruire les rêves de ma petite sœur.
– Épier quelqu’un à son insu.
– Boire de la bière.
– Passer une nuit blanche dehors.
– Commettre des vols à l’étalage minables. »

C’est une liste cocasse et cynique qu’ont rédigée Campbell et son amie Lily pour échapper à leur quotidien  d’hospitalisations éprouvantes et de périodes de désespoir dévastateur.

C’est une liste-survie parce qu’elles vont mourir.

« Cam savait ce qu’elle éprouvait. Elle avait besoin de faire quelque chose d’excessif – s’empiffrer puis vomir pour se purger, se souler, fumer une cigarette – quelque chose pour chasser ce sentiment. »

Campbell a une de ces pathologies qui nous effraient tant qu’on leur donne des noms imprécis et faussement rassurants, le plus usité étant « longue maladie ».

Elle va mourir et elle a 20 ans, l’âge de l’immortalité ou les échéances rythmées par le temps – 25, 30 50 ans -ne sont que des abstractions.
Cam a besoin de temps et cette richesse si libéralement offerte dès notre premier cri – jours, semaines, mois, années – va cruellement lui manquer.

« La médecine ne suffira pas cette fois, soupe Campbell, tu as besoin d’un miracle. »

Et ça tombe bien parce que sa mère, Alicia, s’y connait en miracles :

« Le docteur Handsome a dit que j’avais besoin d’un miracle.
– Dans ce cas nous allons te dégoter un satané miracle, répliqua Alice en saisissant un vieux bout de nicorette.
Cam ouvrit les yeux et regarda le ciel bleu et dégagé.
– Satané et miracle ne vont pas vraiment ensemble, maman…
– Je ne renoncerai pas, Campbell ! »

Alors Cam, avec mère, sœur et canari, va se laisser entraîner dans un dernier road- movie à la recherche d’une guérison improbable.

« Tom connait une ville du Maine qui posséde des pouvoirs guérisseurs, Il m’a conseillé de partir aujourd’hui à cause de la position de Saturne. »

Cam va passer de la révolte à une lente acceptation de l’inéluctable.

« Elle essaya de se projeter dans leur vie. De se représenter à vingt et un ans, assise avec eux sur le canapé à Noël. D’imaginer Izanagi mal à l’aise dans son costume durant la remise des diplômes à Harvard.
L’expression de sa mère devant son premier petit enfant.
Les idées surgissaient mais les photos restaient vierges.
Elle se concentra sur le présent. L’instant était tout ce qui comptait, et ce qui se passait en ce moment lui plaisait. »

La maladie et la mort sont des thèmes difficiles à traiter sans pathos ni mièvrerie ; ils sont abordés ici avec sobriété. Il y a beaucoup d’amour dans ce roman, de l’humour aussi… C’est une réussite.

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