Le dernier hiver

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Le dernier hiver de Jean-Luc Marcastel chez Hachette

 »  Le ciel est devenu rouge,  lentement , sans qu’on s’en rende compte au début, et plus sombre aussi, comme le crépuscule juste avant la nuit…
On a trouvé ça drôle la première heure, puis on s’est lassés.
La nuit est venue.
Le lendemain, quand le soleil s’est levé, le ciel était toujours rouge. Il l’est resté le jour suivant. Et le jour suivant.
Ce n’était que le début…  »

Un crépuscule sanglant règne sur la terre, la neige a peu à peu nivelé tous les repères familiers, l’océan lui même est devenu un désert de glace.

Qui est responsable ? Nul ne le sait, la civilisation disparaît progressivement, ici et là des hommes se battent et s’organisent pour survivre malgré tout mais la forêt, lieu de tous les dangers, submerge lentement les derniers vestiges de l’humanité .

«  Personne ne sait vraiment où et quand commença l’invasion.
 Au début, on en parlait à peine, de cette forêt qui avançait toujours, dévorait les pays les uns après les autres,  les recouvrait, chaque jour un peu plus, de sa marée d’aiguilles et de sève .
 A la fin, on ne parlait plus que de ça, surtout quand on découvrit leur secret.
 Les pins… les pins mangeaient les gens. »

Dans la ville encerclée, Johan se prépare. Il veut retrouver Lea, la fille qu’il aime.

 » Je me rappelle encore ses yeux, quand nous nous sommes dit adieu…
sa voix quand elle murmura ces mots…
Les derniers que j’ai entendus de sa bouche, avant que le train blindé ne les emporte, elle et sa famille .  »

Pour ce voyage désespéré, il ne partira pas seul : par amour, par amitié, Théo, Fanie et Khalid resteront avec lui jusqu’à la fin.

C’est un roman  » Fin du monde » complètement atypique dont l’action se passe à Aurillac. Ce choix qui  est sûrement le comble de l’exotisme pour un New-Yorkais était pour nous, de par sa familiarité, un tantinet risqué .

Il n’y a pas le kit « apocalypse » habituel : invasions  d’extra-terrestres ,   tsunamis et vagues de feu.

Et c’est génial !

Complètement angoissant car crédible (surtout lorsqu’on apprend, incidemment, que les papillons de Fukushima ont un peu de vague à l’âme depuis que leurs ailes rétrécissent!),
Le choix d’une forêt cannibale pour distiller l’horreur est extrêmement efficace : il n’y a rien de tel que l’irruption de l’horreur dans un environnement quotidien.

Pour chaque personnage ce voyage représente aussi une quête : que vont-ils découvrir d’ eux-même ?   Il y a  l’horreur, la mort et des sentiments exacerbés par le danger : des amitiés indestructibles, l’amour fou,
le dépassement de soi.

J’ai adoré !

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