Vivants

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Vivants de Isaac Marion

« Je suis mort, mais ce n’est pas si mal. J’ai appris à vivre avec. Ne m’en veuillez pas si je ne m’étends pas sur les présentations, c’est simplement que je n’ai plus de nom. Comme la plupart d’entre nous. »

R est un zombie : comment est-il devenu un mort-vivant ? Il ne le sait pas. Il n’a pas de souvenirs, pas de prénom, aucune identité.
Il extrapole à partir des vêtements qu’il porte : chemise, cravate, peut-être était-il un « jeune cadre dynamique ».
Il erre dans un état larvaire, sans passé, sans futur, sans désirs.
Curieusement, il s’essaie à recréer les codes d’une vie sociale normale : R a un ami, M, il a aussi une femme et des enfants. Qui sont-ils ? Qui a souhaité ce simulacre de famille ? Les Osseux peut-être, ces morts au dernier stade de la désintégration physique.

Il habite avec des centaines d’autres zombies dans l’aéroport. Étonnamment une hiérarchie sociale, morbide mais respectée, même chez les morts-vivants, organise en caste les Zombies, les Osseux et les Charnus.
Ce troupeau obéit à des pulsions simples : chasser, se nourrir.

« Comme toujours, j’attaque directement par le meilleur, le morceau qui m’allume la tête comme un tube cathodique. Je mange le cerveau et, pendant environ trente secondes, je me souviens. Des visions fugitives de défilés, de parfum, de musique… de la vie. »

Pour R, plus que la recherche d’une nourriture c’est la nécessité de retrouver le temps d’un flash des sensations, des parfums, des sentiments, tout ce qu’il n’est plus capable de ressentir.
Au cour d’une de ces chasses R va rencontrer Julie, tuer son ami Perry et le dévorer.
Ce festin macabre va le faire basculer dans les souvenirs de celui-ci.
Il va être le temps d’un instant Perry enfant, puis adolescent, il va revivre sa rencontre avec Julie, et le début de leur amour.

« Je m’approche de la fille. Elle tremble devant moi, m’offrant sa chair tendre, et mon instinct commence à reprendre le dessus. Le désir d’arracher et de déchirer monte dans mes bras et ma mâchoire. Mais quand elle se remet à crier, quelque chose remue en moi, un papillon de nuit, faible et prisonnier d’une toile d’araignée, qui lutte pour s’échapper. Dans ce bref moment d’hésitation, alors que je ressens encore la chaleur du nectar des souvenirs d’un jeune homme, je prends ma décision.  »

Une curieuse histoire d’amour va naître alors entre R, prisonnier de son corps et de son esprit délabrés, et Julie, enfermée dans les certitudes du monde des vivants.
R va peu à peu se sentir renaitre et ce désir de renaissance, curieusement, ne sera accepté ni des vivants, ni des morts.

Étonnant  ! Je ne suis pas fan des zombies mais au même titre que la jupe crayon, le noir et blanc, la casquette et les guêtres furieusement tendances cet hiver, le mort-vivant a le vent en poupe..

Je pense que nous allons assister à une déferlante zombiesque, dans le même style que la déferlante vampiresque de l’après « Twilight ».

Cela dit le propos me semble plus intéressant : on  dépasse là le côté amourette entre ados surchauffés beaux comme des dieux ; il y a une vraie réflexion sur la différence et l’acceptation de l’autre et j’ai aimé cette image du zombie solitaire parcourant de sa démarche cahotante des terminaux vides, sans espoir de départ.

Étonnant et prometteur,  mais espérons que la ficelle commerciale ne sera pas trop sollicitée (l’accroche publicitaire sur la couverture est un commentaire de Stephenie Meyer, censé nous donner envie de lire ce roman, pov’ de nous !)

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