Année Korczak

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2012 a été déclarée année de Janusz KORCZAK en Pologne.

« Janusz Korczak était en Pologne, avant la guerre, la personnalité scientifique la plus en vue et la plus respectée dans le domaine de l’enfance. Ami des enfants, médecin-pédiatre et écrivain, il est entré dans l’Histoire le jour de sa déportation au camp d’extermination de Treblinka avec les enfants du ghetto de Varsovie qu’il n’avait pas voulu abandonner. » (cf. site sur Korczak) Et avec lesquels il est mort en 1942, il y a soixante-dix ans.

Janusz KORCZAK avait créé à Varsovie un orphelinat extrêmement moderne pour l’époque, tant dans son aménagement que dans son fonctionnement. Les enfants y étaient les « citoyens » d’une République dont ils avaient établi les lois avec leurs éducateurs, et, bénéficiaient, par exemple en cas de conflit, d’un tribunal composé d’un éducateur et d’enfants tirés au sort parmi ceux qui n’avaient fait l’objet d’aucune plainte au cours de la semaine.

Découvrir la vie et les idées de ce défenseur des droits de l’enfant et d’une pédagogie moderne à l’instar d’un Decroly ou d’un Freinet, de A. S. Neill à Summerhill ou de Makarenko du fait de la difficulté d’insertion de certains jeunes, est possible en cette année anniversaire 2012, grâce à la parution de plusieurs livres.

Parmi ceux-ci  :

Pour le premier, Philippe MEIRIEU et l’illustrateur PEF se sont associés aux éditions Rue du Monde pour réaliser un album d’une cinquantaine de pages, dont six de photos, et faire sortir de l’oubli – dans lequel la Shoah l’avait plus ou moins plongé – ce personnage étonnant voire visionnaire, que la condition des enfants délaissés, juifs ou catholiques, tourmentait.

Le second est écrit par Isabelle COLLOMBAT et publié aux éditions Actes Sud junior dans la collection « Ceux qui ont dit non » (dont j’avais déjà parlé à propos d’Anna Politkovskaïa). Il fait découvrir Korczak grâce à une jeune fille actuelle qui s’insurge contre les interpellations de lycéens sans papiers et qui, dans le même temps, va découvrir que son arrière-grand-mère est une juive polonaise arrivée en France en 1928 à l’âge de quatorze ans. Or cette vieille femme a bien connu Korczak (je vous laisse découvrir dans quelles circonstances). Korczak qui disait à propos des enfants : « Leur monde n’est pas un petit monde. C’est un monde tout court, avec ses valeurs, ses qualités, ses aspirations, ses désirs. Rien n’y est dérisoire, ni innocent, ni mièvre, car tout cela relève de l’essence même de l’humanité. »

Un dossier d’une vingtaine de pages intitulé « Eux aussi, ils ont dit non » avec bibliographie, filmographie, sitographie, prolonge le récit, présente quelques autres pédagogues aux idées progressistes et recense les maltraitances faites de nos jours aux enfants malgré la promulgation, par les Nations Unies en 1989, de la Convention internationale des droits de l’enfant.

Convention peu respectée, même en France où le poste de défenseur des enfants a été supprimé en 2010 et où les droits des « mineurs isolés étrangers » sont encore souvent bafoués.

Janusz Korczak a écrit quelques livres, dont deux composés spécialement pour les enfants,  « Le roi Mathias 1er » (paru en Folio Gallimard)

et « La gloire » (édité chez Flammarion dans la collection castor-poche) :

Je vous propose, pour terminer, de regarder les dernières minutes du film qu’Andrzej WAJDA a consacré à Korczak en 1990 et la dignité avec laquelle Korczak et « ses » enfants sont partis pour Treblinka :

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