Guerre

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Guerre: et si ça nous arrivait ? De Janne teller aux Editions « Les Grandes Personnes « 

« Et si, aujourd’hui, il y avait la guerre en France… Où irais-tu ?
Si les bombes avaient détruit la plus grande partie du pays, la plus grande partie de la ville ?
Si les murs de l’appartement que tu habites avec ta famille étaient percés de trous, les vitres brisées, le balcon arraché ? »

Dans notre pays pourtant en paix depuis 70 ans, la guerre est omniprésente : visuellement d’abord, journaux télévisés, revues, jeux vidéos. Elle fait l’objet de débats, donne naissance à des livres, à des films.
On compatit, on s’indigne, c’est terrible, mais c’est très très loin de nous.

Ce petit livret tout simple, format passeport, décortique les effets d’un conflit sur une famille.
Mais pas n’importe quelle famille : la nôtre peut-être. Et ça change tout.

Par delà les analyses morales, politiques et philosophiques, l’auteur s’attache à nous décrire l’effondrement rapide de la vie quotidienne : plus de transports, plus de chauffage, comment va-t-on se nourrir, comment peut-on se soigner ?

« L’hiver arrive, il n’y a pas de chauffage, il pleut à l’intérieur. Seule la cuisine est encore habitable. Ta mère a une bronchite, elle couve une nouvelle pneumonie.
Des éclats de grenade ont blessé ta jeune sœur à la tête. Elle est hospitalisée dans un établissement dénué d’équipement.
Les canalisations ont sauté depuis longtemps. Tous les jours, un seau dans chaque main, ton frère et toi devez parcourir les rues et traverser la place de l’hôtel de ville jusqu’au camion d’approvisionnement d’eau.
Pire encore que la peur, la faim. Et pire que tout le froid. Tu grelottes en permanence, alors qu’on est seulement au mois de Novembre. »

Tout ce qui nous paraît à la fois nécessaire, indispensable, tout ce qui fait de notre vie un univers rassurant devient l’objet d’une course effrénée et dangereuse.
Comment survivre à la faim, au froid, aux arrestations arbitraires ? Peut-on n’être que spectateur et victime du conflit lorsque les voisins, les amis disparaissent ?
Il faut fuir, fuir le plus loin possible : mais pour cela il faut des papiers, de l’argent, un pays d’accueil.

« Et vous, où irez vous ? Tu as cessé de questionner ton père.  
Quoiqu’il en soit, il n’existe pas de réponse à cette question. Votre famille, maintenant, se résume à un chiffre : cinq. Aucun pays n’est prêt à accueillir cinq réfugiés de plus. Des réfugiés qui, comme le disent les honnêtes gens, ne parlent pas la langue, ne savent pas se conduire en société-  ils ne savent  ni respecter leurs voisins, ni recevoir un hôte, ni veiller sur la vertu des femmes. »

On suit pas à pas la destruction du tissu économique, social, moral d’une société qui semblait stable, et la faillite humaine qui en résulte. On mesure l’effroi, l’extrême solitude, et on voit l’incompréhension devant l’indifférence du monde.

Salutaire…

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