Les vingt-cinq vies de Sandra Bullot

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Les vingt-cinq vies de Sandra Bullot

Les vingt-cinq vies de Sandra Bullot

De Colas Gutman

Ecole des Loisirs – collection Medium – 2012

Sandra Bullot nous confesse une vie trépidante de vide absolu et d’incertitudes à haute teneur en perplexité. Son père, agent de voyage au chômage déprimé, ne converse plus que par méls et embauche une sexy Natacha pour faire le ménage. Sa mère, actrice désespérée de séries télévisées, préfère à sa fille une jeune Indienne de ses camarades forte en thème. Son petit frère Ao est amoureux actif d’une camarade de classe, devançant sa grande sœur d’une bonne dizaine d’années sur le sujet. Et puis il y a Endive au jambon qui déclare sa flamme à Sandra exclusivement sur Internet parce qu’il est timide.

Histoire de mettre un peu d’ordre dans tout ça, Sandra décide de tester des vies : poney rose avec accessoires, souris déglinguée, caméléon octogénaire, un bestiaire complet se déroule sous nos yeux, toujours adéquat sur le moment, mais pas pertinent sur le long terme (elle a essayé Sandra Bullock, ça ne colle pas non plus). Au fil des jours, Sandra perce quand même à jour l’Endive, un de ses proches, et sa copine Irène Lara, peut-être un chouïa dévergondée, les invite alors à un plan machine à laver – à trois ou quatre, selon affinités.

C’est irrésistible de drôlerie sans aucun temps mort, complètement dingue aussi, avec une narratrice et des personnages qui semblent traverser leur vie comme un film, en survolant sans aucune maîtrise ce qui leur arrive. Colas Gutman ne manque pas d’imagination, jouant avec les mots, leur ordonnancement, et surtout abusant de comparaisons fantaisistes (à commencer par les analogies entre Sandra et sa galerie animalière). L’idée d’être un autre est la cheville ouvrière qui porte son roman, dans la forme humoristique et aussi dans le propos.

Car en même temps, il nous raconte une histoire d’adolescente qui cherche sa place, qui hésite entre plonger directement et tout de suite dans l’arène – amoureuse, familiale – ou attendre que sa métamorphose soit terminée pour enfin vivre sa vie de grande. Sandra, c’est un peu vous, moi, nous, et elle nous émeut tendrement, si ce n’est qu’on garde le sourire vissé aux lèvres en plus. Une façon brillantissime et rarissime d’aborder l’adolescence au temps des Iphone !

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