Shéhérazade

Par défaut
Shéhérazade

« Shéhérazade est l’héroïne des Mille et une nuits« . Elle est simplement évoquée dans les manuscrits arabes, quasi effacée chez Galland, avant de devenir « l’éternelle conteuse » de Mardrus. L’Occident lui a prêté de multiples visages, elle peut aussi bien être représentée en jeune femme fragile aux pieds du roi qu’en femme lascive dans un décor orientalisant. Derrière ces représentations réductrices, Shéhérazade n’en reste pas moins le symbole de la parole émancipatrice, du savoir contre la tyrannie et du courage d’une femme contre l’injustice. »

1001 nuits

Rappelez-vous :

« Le récit fondateur des Nuits, dit « récit-cadre », est celui de Shéhérazade. Le roi Shahriar, voulant se venger de la perfidie des femmes, épouse chaque jour une jeune vierge et la met à mort le lendemain, jusqu’à ce que Shéhérazade se présente. Nuit après nuit, la belle conteuse tient en haleine le roi. A l’issue des mille et une nuits, Shéhérazade devenue mère, rachète sa vie et celle de toutes les femmes du royaume. Là est l’essentiel des Nuits, un récit contre une vie, une histoire pour oublier la trahison et lutter contre l’injustice des puissants. »  (extrait de : « Les Mille et une nuits » d’Elodie Bouffard et Anne-Alexandra Joyard, édité en « hors-série Découvertes » chez Gallimard, fin 2012)

Ce joli petit ouvrage est sorti à l’occasion de l’exposition éponyme  qui se tient à Paris, à l’Institut du Monde Arabe jusqu’au 28 avril 2013. Le livre, coédité par Gallimard et l’IMA, est aussi varié que l’exposition, avec ses pages qui se déplient dans tous les sens, à l’horizontale comme à la verticale, mélangeant images de manuscrits arabes et iconographie orientaliste, miniatures persanes et films étonnants de Méliès à Bollywood (en passant par un très esthétique long métrage de Lotte Reiniger en silhouettes de papier découpées), et quelques-uns des superbes objets exposés (bijoux, faïences, aiguières, marionnettes, armures et étendards, instruments de musique…).

Dans chaque salle de l’exposition à l’IMA, un conte différent se déroule que vous pouvez écouter tout en contemplant le contenu des vitrines. Pour la maison, il ne vous reste qu’à emprunter les nombreux recueils des Mille et une nuits de la BFM, plus ou moins adaptés et expurgés, mais dont les histoires font tout de même rêver.

D’ailleurs, saviez-vous que les trois plus connus, « L’Histoire d’Ali Baba« , « L’Histoire d’Aladdin » ainsi que les récits des voyages extraordinaires de « Sindbad le marin » ne faisaient pas partie des manuscrits originaux ?  C’est le premier traducteur français, Antoine Galland, qui les a introduits dans sa publication, après les avoir entendus de la bouche d’un jeune maronite syrien originaire d’Alep, Hannâ Diyâb.

Pour réjouir les yeux des amateurs de costumes un peu fous, vous pouvez également emprunter le magnifique catalogue de l’exposition du Centre National du Costume de Scène de Moulins en 2006 :

Moulins

Et n’oubliez pas que Shéhérazade fait partie de la riche lignée des filles intelligentes qui sauvent la tête de leur père et la leur (!) dans de nombreux contes indiens, arabes, juifs, etc. Mais pour cela, comme l’explique Antoine Galland à son propos :

  « elle s’était heureusement appliquée à la philosophie, à la médecine, à l’histoire et aux beaux-arts ; et elle faisait des vers mieux que les poètes les plus célèbres de son temps. Outre cela, elle était pourvue d’une beauté excellente… »

Publicités

Un petit commentaire ?

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s