L’homme qui court

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L’homme qui court de Michael Gérard Bauer dans la collection Millézime chez Bayard Jeunesse

homme

Joseph vit dans une petite ville paisible des États-Unis, avec ses ados qui tondent les pelouses pour se faire un peu d’argent de poche, ses voisines empressées qui font goûter au voisinage les cookies tous frais, l’épicier qui surveille les enfants du coin de l’œil.

Comme dans toutes les petites villes il y a les inclassables, trop visibles comme cet homme hagard qui parcourt les rues de la ville, porté par on ne sait quelle urgence et que Joseph a baptisé « l’homme qui court », ou insaisissables – et d’autant plus épiés – comme les Leyton, reclus dans leur maison.

Ce sont les voisins de Joseph, qui habite là avec sa mère. C’est un garçon secret dont la sensibilité s ‘exprime à travers le dessin. Son père travaille au loin, non par nécessité, mais porté semble t-il par un désir de fuite que subissent Joseph et sa mère.

Est-ce ce sentiment d’abandon qui est à l’origine des peurs de Joseph ? Parce que Joseph a peur : enfant, ses nuits étaient hantées par les cauchemars.

En grandissant il a cristallisé ses angoisses sur « l’homme qui court » : il en a fait un « croquemitaine »  dont la vue seule déclenche une peur irrépressible.

«  L’homme qui court avait toujours était là – quelque part au loin, silhouette fantomatique qui se rapprochait éternellement, en courant de son pas maladroit. »

Joseph est aussi fasciné par le mystère qui entoure les Leyton, Caroline et son frère Tom. Bien sûr, ils font partie de la communauté mais on ne parle qu’à mots couverts de ce terrible accident qui a brisé leur vie, et on sent qu’au fil des années ils se sont doucement mis en retrait.

« A l’époque, Caroline habitait encore à la maison. Elle faisait des études de journalisme et s’était déjà trouvé un travail, dans un journal. Deux semaines avant la mort de ses parents, elle avait annoncé ses fiançailles.

Pourtant Joseph savait que Caroline ne s’était jamais mariée. Aujourd’hui, elle travaillait dans une pharmacie du quartier et vivait seule avec son frère Tom dans leur vieille maison. »

Tom Leyton est le sujet de de tous les commérages : on murmure qu’il aurait eu des problèmes avec un enfant alors que, rentrant du Vietnam, il avait repris ses fonctions d’enseignant.

Contre toute attente, Joseph – dont on dit qu’il a peur de son ombre – va rentrer dans l’intimité des Leyton grâce à Caroline, qui va lui proposer de faire le portrait de son frère.

Deux solitudes vont se rencontrer, s’apprivoiser, se découvrir : entre Joseph qui reste effrayé au seuil de la vie et Tom Layton que la guerre a brisé, une relation va doucement se tisser.

C’est un magnifique roman, tendre et nostalgique, à lire absolument !

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