Faut-il manger les animaux ?

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Faut-il manger les animaux ? est paru en 2011 en France. Je mange de la viande sans en être une grosse consommatrice. Ce qui m’a poussé à lire ce livre c’est d’abord son auteur. J’ai beaucoup apprécié ses précédents romans, Extrêmement fort et incroyablement près et Tout est illuminé. A l’heure des lasagnes au cheval et du retour des farines animales voici une lecture passionnante et instructive !

Faut-il-manger-les-animaux-de-Jonathan-Safran-Foer

Jonathan Safran Foer nous donne ici à lire une enquête menée sur 3 ans. Mieux qu’un essai rébarbatif uniquement à base de chiffres, l’auteur mêle  éléments de sa vie personnelle, témoignages de membres de la PETA, d’activistes végétaliens, de personnes travaillant dans l’industrie animale et d’autres dans des fermes durables, qui sont soucieuses de l’environnement et du bien-être animal. Il nous parle aussi de l’histoire de sa famille et celle de la relation de l’homme à la nourriture. La force de cet essai est que l’auteur illustre les chiffres par des images, donnant aux arguments abstraits une forme précise et imagée, traumatisante et pourtant bien ancrée dans notre quotidien.

Nous n’avons pas besoin de manger de la chaire animale. Un régime végétarien suivi avec soin peut convenir à n’importe qui, quel que soit le stade de sa vie. Ce mode de vie a même des effets bénéfiques sur la santé, diminuant les risques de maladies cardiovasculaires ou de cancer (faits avancés par l’Association américaine de diététique.) Ce qui nous pousse à manger de la viande c’est le plaisir, son goût et notre histoire personnelle : le souvenir du repas du dimanche chez mes grands-parents ne serait pas le même sans le poulet rôti.

Et encore, ce fameux poulet rôti était élevé en plein air par ma grand-mère, n’était pas bourré de médicaments, hormones, avait un bec et pouvait se déplacer. Il n’était pas composé de 10 à 30%  d’eau, d’agent de saveur et de bouillon pour lui faire prendre du poids et par la même occasion rapporter un peu plus d’argent. Car l’intérêt de l’industrie de la viande est là : comment faire un maximum de poids de viande en un minimum de temps et donc d’argent ? Et là, bienvenue dans le petit zoo digne de l’île du docteur Moreau engendré par l’industrie de la viande, un monde charmant où les poussins sont balancés vivants à la poubelle, les poulets n’ont pas de bec, les cochons n’ont ni dents ni queues et il n’est pas rare que leurs pattes cèdent sous leur propre poids, incapables de soutenir l’énorme carcasse bourrée d’hormones. Les veaux sont sevrés au bout de 2 jours et n’ont pas le droit de bouger. Un monde où l’importance du profit est telle, que dans les fermes industries américaines il y a les « downers » : les animaux plus faibles, qui ne vont pas rapporter assez. Même les tuer coûte trop cher. La solution la plus économique est de les laisser crever de faim et de soif. Quelques jours d’agonies plus tard et il n’y a plus qu’à ramasser.

L’auteur parle aussi des malformations entrainées par les hormones, médicaments et autres substances chimiques dont on bourre les animaux. Il parle du quotidien difficile des gens qui bossent dans les abattoirs pour un salaire de misère, et de la fin horrible qui attend les animaux, où des vaches commencent à être dépecées vivantes parce que le choc électrique censé les endormir n’a pas fonctionné correctement. Il n’oublie pas de traiter des pratiques de la pêche industrielle, où le traitement réservé aux poissons est tout aussi inhumain. Il parle de la barrière des espèces qui fait qu’il est possible d’infliger des horreurs à un porc mais impossible de le faire à un chien sans finir en prison pour cruauté sur animaux. Il parle des maladies, de la pollution qu’engendre l’industrie de la viande. Mais surtout il parle des fermes durables, où certes l’animal meurt aussi à la fin (de façon moins cruelle) mais où il a connu une vraie vie avant, il a pu se déplacer, courir et vivre à un rythme normal, pas bourré d’hormones pour accélérer le tout. Il a eu un bec, il a pu conserver ses dents voir même se reproduire normalement, hérésie totale dans le monde de l’industrie de la viande, où une truie reproductrice sera engrossée sitôt qu’elle aura accouché, enfermée entre 4 murs de bétons lui empêchant tout déplacement.

Si l’auteur est végétarien, il défend aussi dans son livre un élevage traditionnel. Il vaut mieux manger une fois par semaine de la viande chez un petit producteur soucieux de la qualité de vie de ses animaux que de manger toute la semaine un succédané de viande bourrée de médicaments. Idée que l’on retrouve dans Apologie d’un carnivore de Dominique Lestel, où dans ce livre pro-viande, l’auteur parle aussi de l’horreur des élevages intensifs, et l’importance d’arrêter ce massacre.

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