Une enquête de Flavia de Luce : La mort n’est pas un jeu d’enfant

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flavia de luce

La mort n’est pas un jeu d’enfant

Une enquête de Flavia de Luce d’Alan Bradley aux Éditions du Masque

Oyez, oyez bonnes gens, une strangulation? une décapitation ? une pendaison ? Vite, appelez Flavia de Luce !

Maud Silver, Hercule Poirot, Miss Marple et Sherlock Holmes n’ont qu’à bien se tenir, Flavia de Luce est là.

« Seigneur ! Quelqu’un m’a parlé d’une famille qui vit dans un vieux manoir construit n’importe comment pas loin d’ici : un colonel excentrique et une fournée de filles aussi sauvages qu’une tribu d’Indiens. Tu n’es pas l’une d’elles quand même ? »

Mais si ! Flavia est une des composantes de cette délicieuse famille : Monsieur de Luce, distingué philatéliste étant également l’heureux, bien qu’un peu distant, père de Ophélia dite Fely 17 ans, de Daphné dite Daffy 13 ans. La mère, Harriet, est morte tragiquement dix ans plus tôt.

Il y a aussi la tante Félicité, qui a une vision toute personnelle de l’éducation à donner aux enfants :

« Des coups de cravache, voilà ce qui leur faut ! Clamait-elle.

A moins qu’ils ne s’orientent vers la politique ou le barreau, auquel cas il faudrait en plus les noyer. »

C’est dire que Françoise Dolto peut se retourner dans sa tombe !

Dogger vient compléter le cercle familial :

« Dogger était l’Homme de père – avec un H majuscule. Son expérience en tant que prisonnier de guerre avait brisé quelque chose en lui, quelque chose qui, de temps à autre, lui vrillait le cerveau avec une férocité sans nom et le dévorait telle une bête féroce, le laissant tremblant et anéanti. »

Tout ce petit monde vit un peu en dehors du temps, à la lisière de la communauté, comme si la mort d’Harriet les avait figés à jamais.

Les sœurs sont deux pestes qui nous refont le coup de Cendrillon :

« Tu as été adoptée, rétorqua-t-elle. Père et Harriet avait signé un accord pour t’adopter avant ta naissance. Mais quand le moment est venu et que ta mère biologique a accouché, tu as été confiée par erreur à quelqu’un d’autre – un couple de l’East-Kent, je crois. Malheureusement, ils t’ont rapportée à l’hospice pour enfants trouvés. On dit que c’était la première fois en deux cent ans d’histoire de l’établissement qu’un couple ramenait un bébé parce qu’ils ne l’aimaient pas. Harriet ne t’aimait pas non plus quand elle t’a emportée, mais les papiers étaient déjà signés et le conseil d’établissement a refusé de te reprendre une seconde fois. »

Mais Flavia a de la ressource :

« J’avais mis à jour mes notes sur la conine, le principe actif de la plante. Je l’extrairai par distillation avec n’importe quel alcali – peut-être un peu de ma réserve de bicarbonate de soude que je gardais toujours à portée de main pour me prémunir des débordements culinaires de Mme Mullet. Ensuite par refroidissement et recristallisation, je retirerai les cristaux irisés de conhydrine. La conine presque pure qui en résulterait aurait une délicieuse odeur d’urine de souris, et moins d’une demie-goutte du liquide huileux suffirait à régler les ardoises diverses. Agitation, vomissements, convulsions, écume aux lèvres, spasmes atroces… Je comptais sur mes doigts tous ces moments forts à venir.  »

Car Flavia est une scientifique dans l’âme qui, réfugiée dans son laboratoire, peut concocter dans ses éprouvettes tout un panel de substances diverses et variées qui vont lui permettre, au choix, de provoquer d’inconfortables soubresauts intestinaux chez ses sœurs ou de réaliser la substance miracle pour relever des empreintes.

Il ne faut en effet pas se fier à l’âge de ce tendron : elle est, bien que non officiellement, partenaire de l’inspecteur Hewitt.

Aussi, lorsque pendant le spectacle organisé dans la salle paroissiale du village de Bishop Lacey, le marionnettiste Rupert Porson est « barbecueté » dans une gerbe d’étincelles, Flavia se lance sur la piste de l’assassin.

Qui était vraiment Rupert Porson ? Et pourquoi avait-il une marionnette ressemblant trait pour trait à Robin Ingleby, ce petit garçon retrouvé pendu dans les bois de Gibbet Wood ?

Roman très goûtu, grinçant à souhait, à la fois tendre et caustique qui a semble-t-il reçu le « prestigieux Debut Dagger Award »… On ne peut que saluer l’initiative du jury car c’est vraiment une excellente série.

J’ai beaucoup aimé, et si les dosages des « recettes » de Flavia sont fiables, la potion à la conhydrine (et ses effets tout à fait réjouissants) me semble extrêmement intéressante – pour ne pas dire indispensable !!!

Avec dans la série des enquêtes de Flavia de Luce :

flavia 2

« Les étranges talents de Flavia de Luce« 

et

flavia 3

« La mort dans une boule de cristal »

Très bonne lecture !

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