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Je vous écrirai de Paule du Bouchet chez Gallimard

Septembre 1955, Amalia est comme on le disait à l’époque « montée à Paris » pour poursuivre de brillantes études à la Sorbonne.

« Les rues étaient passantes, trop de voitures, beaucoup de monde. Le genre de monde que Malia ne connaissait pas. Des femmes à robes fleuries, tailles ceinturées, avec d’élégants sacs à mains, des hommes tête nue, à larges pantalons de flanelle, marchand d’un pas élastique, aisé. Des couples enlacés, vibrant d’amour et de soleil, s’embrassant en public sans aucune gêne. »

Il y a de la gaité , de la sensualité dans cette foule qui l’entoure : tout ce dont elle rêvait sans se l’avouer. Pour elle le dépaysement est total.
Elle s’installe dans un minuscule studio avec Gisèle sa meilleure amie, la fille des employeurs de sa mère Adèle, femme de ménage. Son père Matteo est forain et parcourt la France avec son fils Silvio, le demi-frère d’Amalia.
Pour Amalia ce départ est une promesse de découvertes, de rencontres, pour sa mère c’est un déchirement. Adèle a fait promettre à sa fille de lui écrire tous les jours. Cette correspondance d’abord suivie va peu à peu s’espacer au grand désespoir de cette mère qui sent que sa fille lui échappe.
Pressée de subvenir seule à ses besoins à la fois pour soulager ses parents et pour être indépendante, Amalia cherche immédiatement du travail. Elle devient la baby-sitter des enfants de Nina et Robert, un couple d’intellectuels qui vont l’ouvrir au monde au cours de discussions passionnées.

« J’ai trouvé un emploi dans une famille à deux pas de la Sorbonne, à côté de la gare du Luxembourg…
La maman est passionnée de littérature et le papa est journaliste.
Avant-hier, la mère m’a invitée à prendre le thé avec elle à son retour du travail, et nous avons parlé pendant presque une heure. De quoi, imagine-toi ? Du travail des femmes (elle fait des traductions de l’anglais et du russe et elle travaille aussi dans une bibliothèque), elle pense que les femmes doivent étudier, travailler et même faire de la politique.  »
Adèle vit cette situation comme une trahison.
« Dis donc, tu n’écris plus du tout ! C’est cette famille où tu gardes les enfants, tu ne fais que d’en parler, tu la préfères à nous ou quoi ? Ton père, ça l’énerve… »
Pressée de rencontrer celle qu’elle considère comme une rivale dans le cœur de sa fille, elle s’invite chez Nina et Robert.
Pour Amalia cette visite est à la fois une torture et une révélation , enfin elle met des mots sur ce qui l’oppresse : elle a honte de sa mère, de ses origines modestes, supporte de plus en plus difficilement cet amour envahissant, névrotique et en ressent une terrible culpabilité.
Les lettres qu ‘échangent Amalia avec son entourage nous permettent de suivre sa vie au quotidien et son évolution personnelle alors que des chapitres plus denses nous éclairent sur l’histoire de chacun.
Les sentiments peu à peu s’exacerbent et on devine sous les tensions familiales un lourd secret de famille…
J’ai beaucoup, beaucoup, aimé le début du roman , surtout le personnage d’Adèle très dense, ses souffrances, ses fêlures et cette folie qui l’habite, jusqu’à ce qu’inexplicablement l’histoire bascule dans « les feux de l’amour ».
Je ne vais pas révéler la fin du roman bien sûr, mais que s’est-il- passé exactement dans la tête de Paule du Bouchet pour nous proposer un tel final ? Mystère, mystère… Ma déception est à la hauteur du plaisir que j’ai éprouvé à lire les premiers chapitres !

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