Microphobie

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Microphobie d’Emmanuel Dadoun chez Sarbacane

 De Kampala…

« Booooooom !

En explosant, le corps d’Okot déchira le bloc opératoire comme du papier, un froissement de métal et de plastique fondu. La déflagration résonna jusqu’aux étages, emportant avec elle le docteur Creed, ses assistants, la lumière et la pluie. Le souffle de l’explosion propulsa des lambeaux de chair sur les arbres avant de plonger l’hôpital dans une obscurité irrémédiable. »

…Au bord du Mékong.

« Blaaaam! … Un bloc de plâtre se détache, vient percuter un 4×4 qui s’encastre dans un bus scolaire, et une myriade d’éclats de verre hérisse le vide en charcutant quelques passants. »

De l’Auvergne…

« Et puis, l’été s’assombrit.

Le pêcheur pâlit brusquement, porta sa main à sa nuque, se mit à trembler, se leva péniblement, tomba dans l’eau.

Plouf !

Silence.

Des oiseaux dans les branches.

Le reflet du soleil dans l’eau.

Le calme.

Baaaaooom !

Une gigantesque gerbe d’eau, de sang et de bois jaillit au milieu du lac en aspergeant les berges.

Les oiseaux s’éparpillèrent. »

…A la Bretagne.

« Tomas désigna le chalutier qui tanguait à quelques brasses du ponton….

A l’aide de cordages ils réussirent à stabiliser La Houle une bonne fois pour toute et quelques-uns, dont Tomas, posèrent le pied à bord.

Ce qu’ils virent les glaça d’effroi : sur le pont avant du bateau, trois squelettes humains jonchaient le sol, souriants de leur mort blanche…

Les victimes avaient tenté de ramper vers l’enrouleur de chaluts : le sol était strié de longues traces d’ongles et des flaques de sang séchaient au soleil. »

L’inspecteur Kowalski est sur la brèche : comment relier l’assassinat de Kermerec, fripouille sans envergure (qui s’est envolé sans grâce du dixième étage d’un immeuble, l’atterrissage un brin compliqué s’est soldé par le décès de l’impétrant) et ces meurtres qui se multiplient, comme une épidémie.

Kowalski écoute les Clash, le cœur en bandoulière, philosophe et médite, le regard perdu vers l’horizon lointain, et souffre de la médiocrité du siècle.

« En prenant son dessert, Kowalski imagina un futur régi par des enfants incultes, violents et angoissés, se nourrissant d’aliments formatés et mous, des gosses dont les seuls moments de rêverie tourneraient autour de préceptes religieux à la con, de codes d’honneur issus d’une pensée traumatisée… Circuit fermé – Colargol avait laissé place au jeu du foulard, Goldorak aux viols en réunion. »

Heureusement (si l’on peut dire) un tueur totalement dépressif mais tout à fait inventif va le distraire de son vague à l’âme.

Il y a un immonde propriétaire de laboratoire pharmaceutique qui meurt d’une façon tout à fait réjouissante, des gentils et des méchants et de pauvres innocents écrabouillés, tout ce qui fait le sel d’un bon roman policier.

C’est bien ficelé, l’intrigue nous tient en haleine, avec en bonus la personnalité sensible et désenchantée de Kowalski.

J’ai vraiment aimé !

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