« Une poignée de riches… »

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Si vous avez lu « Riche, pourquoi pas toi » de Marion Montaigne, Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot (paru chez Dargaud en 2013), nul doute que vous serez  intéressés par ce livre de Philippe GODARD aux Editions Syros, collection « J’accuse », paru en 2012 : « Une poignée de riches… des milliards de pauvres ! »

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« L’écart de niveau de vie est béant entre quelques milliers d’ultrariches et une masse énorme de 2 à 3 milliards de pauvres. Avons-nous pris conscience de l’ampleur de cette fracture ? Pourquoi notre système économique ne parvient-il pas à apporter à tous de quoi vivre dignement ? Depuis quand la finance domine-t-elle le monde ? Pourquoi ne voyons-nous aucune transformation sociale se dessiner à l’horizon ? La richesse a-t-elle toujours fait rêver l’humanité ?

Une réflexion à la fois politique, économique et éthique sur notre société et son avenir. Cet ouvrage s’adresse aux jeunes comme aux adultes, aux citoyens qui se soucient de l’état du monde, aux élèves et aux étudiants comme à leurs professeurs. Il est possible, aujourd’hui, de changer l’ordre des priorités politiques et économiques, et de combattre l’extension de la misère. » (cf. 4ème de couverture)

En deux chapitres, Philippe GODARD fait le point sur qui sont les riches et les ultrariches et puis les autres, en montrant au passage comment les données statistiques tentent de dissimuler l’ampleur réelle du phénomène :

« L’Insee tombe dans la manipulation lorsque le commentaire du tableau indique : « Les 10% des personnes les plus modestes ont un niveau de vie annuel inférieur à 10 410€ tandis que, pour les 10% les plus aisées, ce niveau est d’au moins 35 840€, soit 3,4 fois plus. » Manipulation en effet, car 10 410€ est un plafond, un maximum, tandis que 35 840€ est un plancher, un minimum. Cet écart de 3,4 fois ne mesure rien : on ne peut comparer un plafond avec un plancher. La vérité se trouve ailleurs : d’après d’autres chiffres de l’Insee, tirés de ses « Fiches thématiques revenus », le niveau de vie moyen des 10% de Français les plus pauvres était en 2008 de 9530€ contre 91 460€ pour le décile le plus riche, soit un écart de 1 à 9,5. Cet écart correspond à près du triple de celui qu’annonce le tableau le plus facile à trouver sur le site Internet de l’Insee !« 

Puis Philippe GODARD fait un petit historique de l’économie politique et ses théoriciens, parmi lesquels  Jean-Jacques Rousseau ou Robert Owen, Karl Marx ou John Ruskin, etc. Sans oublier le pasteur britannique Thomas Robert Malthus qui « inaugure une pensée des limites qui retrouve de nos jours, sous les effets de la crise écologique, une nouvelle actualité. »

« Depuis les années 1960 et la mise en évidence de « l’explosion démographique planétaire », des organismes comme le Fonds monétaire international (FMI) ou la Banque mondiale mettent en application, avec plus ou moins de bonheur, une part des idées malthusiennes. Par exemple, lorsque Malthus proclame que les pauvres n’ont aucun droit « à être entretenus aux frais de la société », cela se traduit par des programmes de réduction des dépenses publiques de santé, de logement ou d’aides sociales, programmes mis en place par le FMI. Ou encore par la politique de Robert McNamara, alors qu’il dirigeait la Banque mondiale (1968-1981), et estimait que le contrôle de la « bombe démographique » passait par des « moyens naturels : la guerre, la famine et la maladie.« 

On ne peut être plus cynique.

Philippe GODARD consacre ensuite un chapitre à la finance mondiale et son opacité, expliquant au passage la crise des subprimes « qui entraîna [fin 2008] un immense « plan de sauvetage » qui consista, pour l’essentiel, à redonner de l’argent… aux banques et non à ceux qu’elles avaient littéralement abusés. »

Le cinquième et dernier chapitre est porteur d’espoir, puisqu’il renseigne sur d’autres modèles économiques, des politiques différentes pour « penser l’avenir autrement« .

Et comme d’habitude une liste de livres, articles de revues, sites internet, etc. viennent compléter cet ouvrage clair et indispensable.

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