La Vie des gens

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La Vie des gens de François Morel et Martin Jarrie aux Editions les Fourmis rouges

Paulette ne s’attendait pas à ça, partir sans son Michel pour faire le tour du monde.

« Un cochon. Ce fut son dernier cadeau. Un petit cochon en porcelaine. (Je crois que c’est de la porcelaine). Dès qu’on aura des pièces en trop, on les mettra dedans, qu’il m’avait dit. Et quand il sera plein, on donnera un coup de marteau dessus et on pourra partir, voyager, faire le tour du monde, pourquoi pas ? »

paulette

Ils ont commencé par la Baule mais Michel n’est pas allé plus loin, alors c’est avec sa marraine – veuve aussi – que Paulette va découvrir Bora-Bora et les Bahamas, Tahiti et la Grande Muraille de Chine. Mais toujours près d’elle, dans l’avion ou dans le bus, dans les hôtels du bout du monde, Michel sera à ses côtés.

Kader, lui, hésite au bord de la l’âge adulte : partir le nez au vent, la tête dans les nuages, ou rester dans la chaleur du foyer familial.

KADER

 Marie-Claire est un condensé de la vie avec ces joies et ses ressacs, les larmes et le rire, l’amour et les désamours. C’est elle et c’est nous.

« J’ai eu des enfants, des angines, des chaussure neuves.

J’ai pris des trains, des bus, des coups.

Qu’est-ce que j’ai fait de ma vie ? »

Il y a Mathilde au milieu de ses fleurs, avec cette nostalgie au fond du cœur :

« Deux fois par semaine, je pars à Rungis chercher celles que j’exposerai dans le magasin. Je me lève encore plus tôt. Et ça ne me dérange pas. Si maman était encore là, elle serait sur le cul. Elle me demanderait: « Qu’est ce que tu fabriques avec ton sécateur ? »

C’est pas un sécateur maman. C’est un coupe-tout. Pour tailler, élaguer, pour soigner.

Maman, ce que je peux regretter de ne t’avoir jamais vue un matin. »

Et aussi Elsa, si vivante, qui n’en peut plus de n’être qu’une passante anonyme à Pôle emploi, Arnaud la fine lame et Maria, Maurice et Bernard, et tous les autres qui nous enchantent et nous émeuvent.

PAULETTE 2

Ils nous regardent les yeux dans les yeux et se dévoilent : il y a des souffrances cachées, des cœurs gros comme ça, le pétillement des rires, des larmes aussi.

MAURICE

Qui sont-ils ? Des gens d’ici, des gens d’ailleurs que nous côtoyons sans les connaître. Peut-être les voisins d’à côté ou la dame seule du bout de la rue, le jeune couple qui rit tout le temps, le garçon qui passe et repasse devant la grille au rythme des horaires du collège et le vieux monsieur à la boulangerie.

Nous nous frôlons au quotidien, nous nous sourions parfois, parfois aussi nous nous ignorons… Et ce n’est que lorsque l’un d’entre eux disparaît que nous réalisons qu’ils étaient aussi les témoins de notre vie.

Pour moi cet album est un vrai coup de cœur, les textes sont superbes, les illustrations magnifiques.

A lire et à regarder, encore et encore…

La Vie des Gens, François Morel, Martin Jarrie

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