Palacinche

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Eh bien, non !
Même si je suis d’ordinaire, moi aussi, passionnée par ces sujets, je n’ai pas été convaincue par le livre mi BD, mi photo-reportage de Caterina SANSONE, photographe, et son compagnon illustrateur Alessandro TOTA, paru fin 2012 chez Olivius (contraction des Editions de l’Olivier et des éditions Cornélius).

palacinche

Pourtant, tout paraissait intéressant : la forme, alternant pages de dessins, documents d’archives, photos actuelles, et le fond : l’exil de la famille de Caterina Sansone au début des années 1950 d’une ville qui fut, dans le seul courant du 20ème siècle, tour à tour austro-hongroise, territoire libre avant de devenir ville italienne puis yougoslave après la guerre de 39-45 et désormais croate sous un nouveau nom… Enfin, toujours sous le même nom de « Rivière », simplement traduit de l’italien « Fiume » en croate « Rijeka ».

Caterina Sansone, née en 1981 à Florence mais qui actuellement travaille et vit à Paris, décide en 2009 de renouer avec ses racines :

« (…) C’est dans cet esprit que j’ai voulu raconter l’histoire de ma mère, née dans une ville d’Europe centrale de mère croate et de père italien, exilée en Italie, et qui vécut dans des camps de réfugiés pendant douze ans.

Cette histoire de famille, on ne me l’avait jamais racontée de bout en bout, je n’en connaissais que des bribes. Des anecdotes éparpillées ici et là. (…) Pour reconstruire l’histoire, nous sommes partis de cette boîte de vieilles photos que ma mère nous a montrées. Puis nous avons retracé leur périple à l’envers, étape par étape, à la recherche des lieux où les photos avaient été prises. Nous avons essayé de comprendre quelque chose de plus, d’imaginer comment pouvait être la vie en baraque dans un bois de Naples, dans un camp de réfugié de Termini Imerese, ou encore à Fiume, cette ville à l’identité si particulière, que je n’avais jamais vue mais qui faisait déjà partie de moi. »  cf. Caterine Sansone dans son introduction

Mais voilà, retracer le périple à l’envers complique singulièrement les choses pour le lecteur qui, par moments, perd le fil qui relie tous ces lieux Capodimonte, Bagnoli, Termini Imerese et Palerme, Udine, Trieste, Rijeka (ex-Fiume) et les raisons historiques, politiques ou personnelles qui en sont la cause.

Lorsque Caterina et Alessandro touchent au but, Rijeka n’a plus grand chose à voir avec la Fiume d’avant la guerre de 39-45, même s’ils ont la chance de pouvoir retrouver les maisons où ses grands-parents vécurent. Et le voile se lève alors sur le mystérieux titre de la BD : « Palacinche »…

Disons que ce livre est plus le carnet de voyage et le récit des émotions, bien compréhensibles, de Caterina Sansone au fur et à mesure de sa quête identitaire ainsi qu’ un bel hommage à sa famille, que le documentaire historique que j’attendais.

Malgré tout, c’est intéressant de découvrir une fois de plus, comment la guerre de 39-45, l’après-guerre avec la partition de l’Europe, enjeu de la guerre froide entre 1947 et 1991, a bouleversé la vie de millions de familles. Les Italiens de Fiume, susceptibles d’être d’anciens fascistes ou de futurs dissidents  n’y ont pas échappé, poussés à partir par le nouveau régime communiste yougoslave et la misère.

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