Un Monde pour Clara

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 Un Monde pour Clara

de Jean-Luc Marcastel collection Black Moon chez Hachette

« – Nucléaire suicidaire !

Le cri monta dans l’air déjà chaud ce matin de mai, pour aller se perdre entre les murs du Louvre et du Palais-Royal. Au-delà des têtes de ceux qui l’entouraient, pour la plupart bien plus grands qu’elle, Diane devinait les regards anxieux des citoyens respectables qui se ratatinaient entre les colonnes et les vitrines des antiquaires. A leur expression pincée, on sentait bien que la foule qui défilait devant eux, scandant des slogans et agitant des drapeaux verts comme elle serait partie en guerre, n ‘avait rien pour leur plaire. »

« Les Enfants de Gaïa » ont organisé cette marche pour commémorer une terrible catastrophe : l’accident de la centrale de Gravelines qui a fait des milliers de victimes.

Diane accompagne son meilleur ami Léo qui l’a persuadée de participer à la manifestation.

Certes, elle perdu sa sœur Clara d’un cancer qui s’est déclaré peu de temps après l’accident, malgré tout c’est un chagrin trop personnel pour le partager avec des inconnus.

Mais Léo a une personnalité telle qu’il est difficile de lui résister et Diane, presque contrainte, est venue et va devenir contre son gré l’icône du mouvement : les quelques mots qu’elle accorde à une journaliste avant d’être gravement blessée par le tir d’un policier vont devenir des mots cultes.

« Sa voix se brisa, elle secoua la tête et murmura :

– Elle avait… Elle n’avait que quatorze ans…

Un long silence, où la foule, autour d’eux, parut retenir son souffle, puis :

– C’était… Ma sœur… Ma sœur jumelle…

– Alors, aujourd’hui, je suis là et je marche… Je marche pour Clara. »

Dix ans plus tard, lorsque Diane sort du coma, Léo est là pour la rassurer, l’accompagner dans la découverte du monde qui est né pendant ce long sommeil.

  » – Regarde, Diane… Voilà le monde que tu as contribué à créer… Le monde de Clara... »

Devant elle, s’étageant sous un ciel bleu cobalt où moutonnaient seulement quelques petits nuages duveteux, plongeait la pente d’une colline sur laquelle s’élevaient d’élégantes constructions de bois aux formes harmonieuses qu’on devinait à peine sous l’herbe et les arbres croissants à même leurs toits ou leurs murs. Le bâti et le poussé s’épousaient si étroitement qu’on en venait à ne plus les distinguer.

Un peu plus loin, en contrebas, se dressaient les formes épurées de grandes voiles étincelantes qui renvoyaient la lumière solaire en mille éclats chatoyants. Pas un rugissement de moteur, tout n’était que calme et sérénité. »

Bien sûr Diane est émerveillée, mais bientôt son enthousiasme va décliner ; elle va rapidement se lasser de ce statut de demie déesse qu’on souhaite lui imposer dans une société hiérarchisée autour de la « Mère Gaïa ».

Et puis Léo est curieusement évasif quant au sort de ses parents qui n’étaient pas là à son réveil, ils ont semble-t-il disparu pendant les troubles qui ont précédés la mise en place de cette société si parfaite.

Enfin, qui sont ces « Biorétiques » que l’on envoie en camp de rééducation ?

Mon enthousiasme à la lecture de ce roman est inversement proportionnel au plaisir que j’ai éprouvé à lire Le Dernier Hiver du même auteur… Et j’ai adoré Le Dernier Hiver, mais là ???

Il y a le fond et la forme, le fond pourrait être intéressant – les ravages causés par l’homme sur la nature, le jusqu’au boutisme de certains écologistes – mais ce sujet certes passionnant est traité avec autant de subtilité que la charge des gnous pendant leur migration.

Et puis il y a la forme :

« Il brandit un poing serré.

– Mais nous étions prêts, Diane, nous, les chevaliers de Gaïa, étions prêts à donner nos vies pour le rêve qui était le nôtre… Celui d’une Terre meilleure, d’une Terre propre pour nos enfants et tous ceux qui viendront après nous, une Terre où les hommes et les animaux vivraient en harmonie dans les bras de Gaïa. »

Un peu de sobriété tout de même, parce que page après page tant de grandiloquence sème le doute : est-ce du second degré ?

Et Diane enfin, qui dans le panthéon des héroïnes bécasses girly est dans les meilleures places :

 » – Comment je suis ?

– Quoi ?

– Moi, comment… Comment je suis ? À quoi je ressemble ?

Elle s’écarta de lui. Sa voix monta d’un cran. Revenait la hanter la vision de cette folle échevelée, aux yeux cernés et hallucinés, que lui avait renvoyée le miroir, lors de son précédent réveil, ou de ce cauchemar qu’elle avait cru être un réveil.

– J’ai une tête de zombie ? Je… Dis-moi ! »

Et la choupinette réclame un miroir, chose indispensable quelques minutes après s’être réveillée d’un coma de dix ans… Enfin ça va, elle n’a besoin que d’un masque capillaire parce que ses cheveux sont vraiment affreux, affreux, affreux !

Rien ne la choque la gredine, elle se met immédiatement en mode « t’as de beaux yeux tu sais ! » avec le gars Léo…

« Quand elle avait failli tomber, il l’avait soutenue, l’avait serrée contre lui… Leurs souffles s’étaient mêlés, leurs corps, d’où montaient encore la fragrance animale de la peur, de la violence, s’étaient touchés… Leurs lèvres s’étaient frôlées… « 

… Mais oublie totalement de s’inquiéter de l’absence de ses parents tant aimés.

Elle est totalement manipulable, ce dont Léo et le responsable de la « secte » Étienne de Ronsard profitent sans états d’âme.

Bon tout ça finit normalement dans le sang et les larmes.

Zut et zut j’attendais ce livre avec tant d’impatience !

 

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