Se donner les moyens de comprendre

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L’actualité nous obligeant à nous informer (oui, ça fait oxymore mais s’informer nécessite d’entendre plus d’un point de vue ^^) et le tome deux de la bande dessinée « Bekame » venant de sortir fin juin aux éditions Futuropolis, je me suis dépêchée de lire le premier volume (paru en 2012).

9782754804042

Le thème n’a rien de drôle :

« Bilel est un jeune adolescent, qui se fait appeler Békame, comme son  idole, le footballeur anglais. Il est arrivé clandestinement en France, pour tenter de retrouver son frère Ahmed, qui y réside depuis deux ans. Ils ont le projet de partir en Angleterre, tous les deux.
Pour le moment, entassés dans un hangar et dépouillés de leurs papiers, les clandestins sont à la merci des passeurs. Errant dans la ville, il fait la rencontre de Victor, un jeune punk débrouillard, qui lui apprend quelques combines et lui fait passer une nuit dans un squat où traînent de nombreux SDF.
Le lendemain, semant ses vignettes Panini au gré du hasard, comme pour envoyer un message à son frère, il est attiré par des gamins disputant un match de foot. Leur entraîneur, M. Assane, lui-même issu d’une famille immigrée, accepte de le prendre chez lui et de l’aider à retrouver son frère.
Bilel y parvient enfin, au détour d’une rue, mais la rencontre est brutale car Ahmed (alias « Patrick ») travaille avec les passeurs…
Des ateliers clandestins aux campements sauvages d’immigrés, en passant par le trafic d’humains,  Bilel découvre les conditions impitoyables de ces gens qui ont quitté la misère de leur pays pour en trouver une nouvelle, dans une société déshumanisée et bien sombre. » (Présentation éditeur)

Mais Aurélien DUCOUDRAY * et Jeff POURQUIE ne donnent pas dans le sordide gratuit.

Et si Aurélien Ducoudray signe là une bande dessinée, elle est documentée et nourrie des témoignages qu’il a recueillis  à Limoges lorsqu’il était photo-reporter :

« (…) Ce qui me plaît dans le type de BD que je fais, c’est qu’on peut avoir un matériau très documentaire, à 100 % vrai, et par le biais de la fiction, on va pouvoir emmener cette réalité un petit peu plus loin encore. Dans un documentaire, on est tributaire de ce qui se passe, on ne peut pas inventer. Moi j’aime être entre les deux. La BD permet de casser cette barrière sur laquelle butte le journaliste qui se dit à un moment « il ne faut pas inventer ». En BD, je peux raconter une histoire exactement comme je veux. Je peux très bien me baser sur des faits, vus et entendus, mais je peux inventer pour aller jusqu’au bout de mon histoire. » (cf . article de « Citazine.fr », 22 février 2012)

Rien de simple mais rien de simpliste non plus, les auteurs donnent à voir pour nous faire réfléchir et nous poser de nouvelles questions. Comme le dit encore Aurélien Ducoudray :

« (…) Quand la bonne volonté des gens finit par donner quelque chose de complètement inverse. C’est le cas du centre de Sangatte. C’est quelque chose de fabuleux. C’est une initiative profondément humaniste d’aider ces gens qui viennent et qui échouent à cet endroit-là.
Mais vu que le problème est concentré en un seul endroit, il y a d’autres problèmes qui en découlent (les passeurs, le travail clandestin, le trafic d’humains). Finalement, Sangatte a généré ses propres problèmes. C’est un Eldorado pourri. » (ibidem)

A chacun de continuer à s’informer.

[(*) Nota : Il y a peu, BishopSuzy nous avait présenté une autre bande dessinée d’Aurélien Ducoudray : « Sixteen Kennedy Express« , signée d’un  illustrateur différent, Bastien Quignon.]

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