« L’art de l’ailleurs »

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Pour prolonger les vacances, rien de mieux que la lecture de ce livre  d’Hélène GAUDY,  « L’art de l’ailleurs« , publié par les éditions Palette* en 2013 et qui a obtenu le prix « Pépites du livre d’art » au Salon du livre et de la presse jeunesse 2013 de Montreuil en Seine-Saint-Denis  :

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« Le voyage traverse les œuvres d’art. Les artistes inventent des mondes, témoignent de la découverte des terres lointaines ou de la confrontation à l’étranger. Vecteur de rêve comme instrument de pouvoir, le voyage est le lieu du désir et du dépassement des limites.
Les animaux exotiques s’invitent dans les tableaux, le paysage s’invente et se transforme, les « arts premiers » révolutionnent la peinture, les cartes fascinent les artistes. Les voyages se font urbains ou immobiles, politiques ou factices. Le regard critique s’aiguise : et si l’ailleurs n’était qu’une affaire de point de vue ? De la cartographie médiévale aux questionnements contemporains sur l’immigration ou le tourisme de masse, en passant par l’Orient rêvé des peintres, ce livre interroge le rapport des artistes au voyage, éternel espace de projection et de fantasme. »  (cf. présentation éditeur)

On n’y parle pas que d’exotisme et l’iconographie choisie n’y est pas convenue ; bien sûr nous connaissons un certain nombre des oeuvres présentées (et tant mieux, cela témoigne de quelques lacunes dans notre inculture :-)), mais leur re-lecture est parfois originale et l’on découvre également des oeuvres beaucoup moins connues puisque certaines ont été conçues dans les années 2010-2012.

Le dernier chapitre en ce sens est passionnant : « Un autre regard sur le monde : art politique et dérision poétique » …

« Redessiner la carte« , « repousser les frontières« , c’est  l’actualité permanente. Hélène GAUDY écrit :

« Les artistes contemporains deviennent plus critiques ; leur regard se fait politique. La carte du monde qu’ils redessinent prend en compte leurs interrogations, leurs indignations. Certains retracent leur parcours personnel entre deux pays. D’autres voyagent pour se faire les témoins des guerres et remettre en question les frontières. La part de rêve est toujours présente, mais on la sait désormais utopique. »

Quant aux oeuvres choisies à propos des migrations – voulues ou non -, du tourisme et du voyage « expérimental », elles sont souvent fascinantes.

Nous connaissions déjà, grâce à Georges Pérec et maints ateliers d’écriture postérieurs, la pratique qui consiste à se poster à un endroit donné pendant un temps précis et noter précisément tout ce qu’on voit.  Mais Sophie Calle faisant un voyage posthume au Pôle Nord (enfin… il ne s’agit pas de sa mort, mais de celle de sa mère), Marina Abramovic et Ulay scellant leur rupture le long de la muraille de Chine ou bien encore Mathias Poisson organisant « des promenades où tous les participants portent des lunettes qui rendent le paysage flou« , cela ouvre, pour nous lecteurs, quelques nouvelles et intéressantes perspectives !

 

(*) Le secteur jeunesse de la  BFM avait reçu une exposition sur les Editions Palette au printemps 2011. Peut-être vous rappelez-vous la grande et ludique maquette du livre pop-up sur Magritte ?

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