Nous étions les Mulvaney

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MULMUL

Nous étions les Mulvaney

de Joyce Carol Oates

Collection La cosmopolite chez Stock

« Nous étions les Mulvaney, vous vous souvenez ?

Vous croyiez peut-être notre famille plus nombreuse ; j’ai souvent rencontré des gens qui pensaient que nous, les Mulvaney, formions quasiment un clan, mais en réalité nous n’étions que six : mon père Michael John Mulvaney ; ma mère Corinne ; mes frères Mike et Patrick ; ma sœur Marianne et moi… Judd.

Longtemps vous nous avez enviés, puis vous nous avez plaints.

Longtemps vous nous avez admirés, puis vus avez pensé …Tant mieux !… Ils n’ont que ce qu’ils méritent. »

C’est la Famille Américaine de carte postale, le père self made man, la mère ménagère accomplie juste assez excentrique pour être « cette délicieuse Corinne tellement originale » , Marianne qui fait bien sûr partie des filles les plus populaires du lycée, les frères Mike et Patrick, sportifs, séduisants et rebelles juste ce qu’il faut, et Dieu et le drapeau américain qui veillent sur eux.

Ils vivent tous à High Point Farm dans une ferme digne de l’Eden au milieu des chats, des chiens et des chevaux ; ils s’aiment, se chamaillent mais restent fidèles à cette entité indestructible : la famille Mulvaney.

Et puis un soir de Saint-Valentin, leur destin va basculer : ce soir-là Marianne est partie au bras de son cavalier dans sa ravissante robe de bal en satin mais son retour va faire voler en éclats la belle harmonie.

« Et voici un sentiment étrange dont elle se souviendrait : en entrant dans cette chambre qui était exactement comme elle l’avait laissée la veille – et irrémédiablement différente – elle avait compris combien elle était partie longtemps, et loin. Comme si elle avait quitté la maison, et qu’il lui fût désormais impossible d’y revenir. »

Marianne a été violée.

Ce fait divers – le viol de Marianne – et ses conséquences vont s’élargir en cercles concentriques ; la communauté toute entière est touchée, et dans cette petite ville si « accueillante » chacun va choisir son camp : Marianne, de victime devient coupable car c’est par elle que le scandale arrive. Mais c’est du cœur même du clan Mulvaney qu’elle va subir le pire des ostracismes.

Oates propose dans ce roman une analyse décapante de l’âme humaine et de ses complexités.

Elle dépeint la destruction d’une famille, son éclatement d’autant plus choquant que les membres étaient soudés par des sentiments que l’on pensait à toute épreuve.

« Car les Mulvaney étaient une famille qui trouvait précieux tout ce qui lui arrivait, où l’on conservait la mémoire de tout ce qui était précieux et où tout le monde avait une histoire.  »

J’ai adoré…

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