Adam et Thomas

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Z17309

« Quand la mère d’Adam le conduit dans la forêt, elle promet de venir le chercher le soir même. « Aie confiance, tu connais la forêt et tout ce qu’elle contient », lui dit-elle. Mais comment avoir confiance alors que la guerre se déchaîne, que les rafles se succèdent dans le ghetto et que les enfants juifs sont pourchassés ?
La journée passe.
Adam retrouve Thomas, un garçon de sa classe que sa mère est également venue cacher là. Les deux gamins sont différents et complémentaires : Adam sait grimper aux arbres et se repère dans la forêt comme s’il y était né. Thomas est réfléchi et craintif. À la nuit tombée, les mères ne sont pas revenues. Les enfants s’organisent et construisent un nid dans un arbre. Ils ignorent encore qu’ils passeront de longs mois ainsi, affrontant la faim, la pluie, la neige et le vent, sans oublier les questions essentielles : qu’est-ce que le courage ? Comment parlent les animaux ? D’où vient la haine ? À quoi sert l’amour ? » (cf. présentation éditeur)

Aharon APPELFELD est né à Czernowicz en Bucovine en 1932, écrivain reconnu (il a reçu le Prix Médicis étranger en 2004),  c’est seulement en 2013 qu’il écrit ce texte pour la jeunesse qui s’inspire de sa propre expérience d’enfant.

« (…) Ma mère a été assassinée par les Nazis, j’ai été déporté avec mon père dans un camp dont je me suis échappé en me faufilant sous les barbelés. Je me
suis retrouvé seul dans la forêt, responsable de ma propre survie. Une situation sortie droit d’un conte, même si elle était ma réalité. Chaque matin, à mon réveil, j’espérais que le conte prendrait fin par magie. Je me disais : « Si j’aperçois maintenant un cheval noir, mes parents reviendront. » (cf. entretien de l’auteur pour l’Ecole des Loisirs)

« Plus de cinquante ans ont passé depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Le cœur a beaucoup oublié, principalement des lieux, des dates, des noms de gens, et pourtant je ressens ces jours-là dans tout mon corps. Chaque fois qu’il pleut, qu’il fait froid ou que souffle un vent violent, je suis de nouveau dans le ghetto, dans le camp, ou dans les forêts qui m’ont abrité longtemps. La mémoire, s’avère-t-il, a des racines profondément ancrées dans le corps. Il suffit parfois de l’odeur de la paille pourrie ou du cri d’un oiseau pour me transporter loin et à l’intérieur. » (dans « Histoire d’une vie »)

« Adam & Thomas » a déjà été traduit dans de nombreux pays et, pour la France, ce sont les éditions de L’école des loisirs qui nous offrent en 2014 cette belle lecture, d’autant plus belle qu’elle est illustrée par Philippe DUMAS, traduisant superbement à l’aquarelle les épisodes tragiques comme les moments de réconfort vécus par les deux enfants.

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Esthétiquement d’ailleurs, le livre (format 22 sur 15 centimètres, papier blanc, présentation équilibrée et typographie claire) est particulièrement réussi avec sa couverture à rabats dont les pages de garde représentent des nuages

« les nuages qui passent … là-bas …  là-bas … les merveilleux  nuages ! » comme l’écrivait Charles Baudelaire dans « Le spleen de Paris ».

 

Si le texte est relativement « lisse » et que l’histoire se termine avec le retour – pourtant improbable – des mères, Aharon Appelfeld ne sacrifie pas pour autant à l’angélisme :  des hommes courent dans la forêt sous le nid-cachette des deux enfants, on leur tire dessus, ils ont faim, ils sont malades, ils auront bientôt froid sous la neige et le gel. Et en même temps, il y a des rencontres fabuleuses comme Miro, Sergueï ou la petite Mina qui prend soin d’eux au détriment de sa propre vie. Eux-mêmes tentent de secourir les fugitifs blessés avec les quelques médicaments du sac (soigneusement préparé par la maman) d’Adam. Une belle leçon de vie.

 

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