Miroir, mon beau miroir

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Un nouvel album de Béatrice PONCELET
Comment ne pas se réjouir ?

Sa dernière création datait de 2011 : « … dans la véranda », ouvrage mince et de petit format, tout le contraire de celui-ci.

« Miroirs » est, en effet, très étonnant, grand objet en cartonnage fort, haut de 34 cm, large de 21 et épais de près de 4 cm.

Deux miroirs sur la couverture reflètent – en miroir – le nom de l’artiste, le titre du livre et le nom de l’éditeur qui s’est heureusement lancé dans pareille aventure, Thierry Magnier.P1090904

 

Pas de page de garde, pas de page de titre, comme à l’accoutumée on entre de plain pied, j’allais dire « dans l’histoire »… Mais, comme à l’accoutumée, il n’y a pas d’histoire, juste un fragment de vie, Béatrice Poncelet ayant le don de transformer des moments personnels en oeuvre d’art !

L’image occupe toute la page et dès la première, là voilà placée sous l’évident vocable de Lewis Carroll. D’ailleurs, n’est-ce pas l’oeil d’Alice qui se/nous regarde ?

Puis ce sont les époux royaux peints par Velasquez , les parents de l’Infante Marguerite  d’Espagne, qui apparaissent dans le miroir, filiation, ressemblance ? Une nouvelle piste.

Mais attention, l’oeil de Cézanne âgé, fait face à un jeune visage aveugle (?), comme pour nous garder de toute précipitation.

Et le jeu reprend. Les objets eux-mêmes dispersés dans les pages – comme à l’accoutumée – font sens, balles bicolores, Lego© imbriqués…

Puis tout à coup, la crise ! Faisant écho à celle de Tweedledum. Colère du personnage hors-champ, imprévisible pour nous spectateur, mais peut-être pas pour la narratrice…

« … parfois devant l’outrance de tes gestes et de tes mots, on reste sans voix…

dans ces moments je me tais, n’ose rien dire, je me revois… »

Un premier miroir est brisé. Mais le jeu reprend. Poétique, philosophique même.

P1090899

On retrouve avec bonheur les techniques variées de Béatrice Poncelet, pastels, peintures à l’ancienne, collages, typographie réfléchie, natures mortes, délicate broderie d’ombres, riches arabesques d’un balcon.

Puis l’enfant, allongé au sol, observe les nuages et l’on ne sait plus très bien s’il s’agit d’Alice ou ?

 

Qui d’entre nous n’a cherché à savoir qui il était, d’où il venait, à qui il ressemblait et, en même temps, se vouloir unique ?

« Miroirs
pense-t-on que ces reflets, fidèles parfois, peut-être… je l’admets ! déformés plus souvent, nous rassurent ?
qu’en t’y voyant, je m’imagine sans fin ?

qu’enfin on cesse de faire de toi un double, une ombre qui nous sied… un autre moi,
et qu’on range ces miroirs !!!« 

 

Ce nouvel album invite à reprendre les autres, tout particulièrement  « Et la gelée… framboise ou cassis ? » 9782020500333

Ou « Chez elle… chez elle ». Et jouer à y retrouver les clins d’oeil de « Miroirs« , objets, personnages, sensations…

9782020297936

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