Hope

Par défaut

hope

Hope

de Xavier Deutsch aux Éditions Mijade

Sheridan, 1952.

Une petite ville tranquille du Wyoming et ses habitants soumis à Dieu et au drapeau américain.

Un monde à l’apparence sereine où l’on ne se pose pas de questions.

Tous sont à leur place : les Indiens sont de dangereux délinquants alcoolisés, les communistes sont le fléau de ce beau pays et à ce titre méritent d’être enfermés.

C’est dans ce monde immobile que vit Joseph Petersen, 16 ans : bon garçon, bon fils, bon élève, il est destiné à épouser une fille de son lycée et à devenir un citoyen respectable de Sheridan.

« Un beau garçon. De ceux qui attirent une immédiate sympathie, et qui ne déçoivent jamais. Il mesurait six pieds, deux pouces, et s’habillait sans aucune recherche, mais, n’eût-il porté qu’un sari autour des hanches, il en aurait encore tiré avantage. Il enfilait chaque matin le blue-jean ou la chemise qui traînait en boule sur le parquet et tout lui allait, de nature. »

Un étonnant rituel pimente sa vie : chaque mois M. Carlson, le garagiste chez lequel il dépose le journal, dévoile la « pin-up » du calendrier.

Elles sont blondes, brunes ou rousses, mystérieuses et aguichantes.

En ce 1er septembre 1952, lorsque la photographie apparaît, la vie de Joseph bascule.

« La page de septembre, le visage d’une jeune fille… Ensuite ? Ce regard jeté d’un seul grand élan, devant lui, comme dans le vide. Ce regard qui franchit d’un bond la surface du papier, dans l’espoir qu’il se trouvera quelqu’un pour le recevoir et pour l’attraper. Ces grands yeux de petite fille, fenêtres ou lanternes, qu’importe… S’ils ont retourné Joseph de la même façon qu’une tempête secoue une baleinière isolée dans le nord de l’Atlantique, c’est qu’il les a reçus. Ces yeux. »

Il part aussitôt à la recherche de cette inconnue qu’il a baptisé Hope. Pour Joseph c’est une évidence, elle lui est destinée et il est prêt à tout pour la retrouver.

C’est un curieux roman, un conte merveilleux, avec les acteurs récurrents de ce type de récit : le preux chevalier, la princesse inaccessible, la bonne fée (en l’occurrence un ange !) et un aperçu réaliste de la vie quotidienne d’une petite ville américaine.

Cette vie tranquille dissimule les fêlures de « l’american way of life »,  avec ses Indiens parqués dans les réserves et les « dissidents » surveillés par les voisins et dénoncés à la police comme de dangereux criminels.

« – M, Carlson pense que tous les Indiens sont des communistes, ajouta Joseph.

– Possible. Ils partagent tout, même leurs femmes, et même leur pognon ils le mettent en commun.. C’est ça qu’ils font, les communistes !

– Du pognon, ils en ont pas.

-Ils vendent leur collier avec des plumes collées dessus, fit remarquer Carter. C’est déjà un peu de pognon . Avec ça, ils se paient n’importe quoi, du jus de vidange, du sirop de pneu, du bourbon des pauvres, de la merde.

– Et ils partagent encore leur soûlerie sur un trottoir du Wyoming, au lieu de rester dans le Montana. »

Mais c’est avant tout une très belle histoire d’amour, un amour fulgurant et infini et j’ai bien aimé.

 

Publicités

Un petit commentaire ?

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s