Cheval océan

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Cheval océan

de Stéphane Servant chez Actes Sud

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« Je sens le sable grossier sous mes pieds nus. Les grains minuscules entre mes orteils étaient autrefois des montagnes qui touchaient presque le ciel à l’autre bout du monde. C’est si fort que je pourrais en avoir le vertige. De moi, que restera-t-il quand je me serai effondrée ? Rien. Si peu. Des os blanchis. De la poussière… Rien d’autre sinon les mots.

Les mots.

Voilà ce qui restera lorsque je ne serai plus là. »

Ce roman est un long monologue, celui d’Angela face à l’océan. Cet océan que sa grand-mère Avozinha aimait tant.

Cette plage devait être à la fois un pèlerinage et l’aboutissement d’une histoire d’amour, celle d’Angela et de Benjamin. Jusqu’au viol.

Et qu’importe si c’est un cousin de son père qui a commis ce crime, elle seule est responsable.

Elle s’enferme dans le silence et la culpabilité.

« Durant toutes les nuits suivantes, seule dans mon lit, je me suis demandée ce que j’avais fait, ce que je n’avais pas fait, ce que j’aurais dû dire ou ne pas dire. Mais je n’ai pas trouvé de réponses. »

La nouvelle s’étend en cercles concentriques et les graffitis commencent à fleurir dans la cité : « Angela salope ».

Qui a parlé ? Benjamin, à qui elle s’est confiée, le violeur, les voisins ?

Dans le quartier les vies sont transparentes, et que c’est bon de pouvoir détruire une réputation avec l’approbation de tous !

Face à elle il n’y a que le silence – ses parents ne trouvent pas les mots qui soulageraient – ou la haine et son cortège d’agressions physiques et verbales. Angela est ostracisée, et de victime devient responsable.

Enceinte du viol elle fuit, souhaite la mort et choisit la vie.

« Là, dans les vagues, je me libère de ce poids. Je me libère de toi. Rien ne m’en empêchera. Comme rien n’arrête l’Océan. Ni les montagnes. Ni les hommes…

J’ai des horizons à vivre. »

Un texte sobre à la violence contenue qui provoque les questions : comment peut-on se reconstruire après une telle épreuve ? Pourquoi l’ indifférence, pourquoi le mépris ?

Une réussite.

 

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