« Le sauvage »

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David ALMOND et David McKEAN, l’illustrateur, ont signé ce livre protéiforme paru chez Gallimard en 2009. Protéiforme car ni tout à fait bande dessinée, ni tout à fait roman, ni tout à fait journal intime…

« Vous ne me croirez peut-être pas mais c’est vrai. J’avais écrit une histoire qui s’appelait « Le Sauvage » et qui mettait en scène un enfant sauvage vivant dans une chapelle en ruine au milieu du bois de Burgess, et l’enfant est devenu réel, dans la vraie vie.

Je l’avais écrite peu après la mort de mon père. A l’école on avait une conseillère, Madame Molloy, qui n’arrêtait pas de me retirer des cours pour me demander d’écrire ce que je pensais et ce que je ressentais. Elle disait qu’elle voulait que j’explore mon chagrin et que je commence à « avancer ». J’ai essayé un moment, mais ça me paraissait débile, je me sentais encore plus mal, jusqu’au jour où j’ai déchiré tout ce que j’avais écrit sur moi, j’ai pris un vieux carnet et j’ai commencé à gribouiller « Le Sauvage ». Voilà le début. Je sais que la grammaire et l’orthographe ne sont pas très brillantes, mais c’était il y a quelque temps déjà, j’étais plus jeune.

C’était un enfant sauvage qui vivait dans le bois de Burgess, j’avais écrit.

Il avait pas de famille, il avait pas de copains, il savait pas d’où il venait et il parlait pas, il vivait de baies, de racines, de lapins et de trucs comme des bouts de tartes pourris qu’il chipait dans les poubelles derrière la maison de repos de Greeenacres. Il abitait dans une grotte sous la chapèle en ruine. Comme armes il avait des vieux coutos de cuisine et des fourchettes, et une hache qu’il avait piquée dans le lotissement de Franky Finningin.

Si jamais quelqu’un le voyait, il le poursuivait, l’attrapait, le tuait, le mangeait et il fourrait les os au fond d’un vieux puit de mine. Il était sauvage. Il était vraiment cruel. » (« Le Sauvage« , pp.7-11)

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Un texte fort et dur, mais dont la violence n’a rien de gratuit. On comprend très bien qu’il s’agit d’une catharsis pour Blue, confronté à l’injustice alors qu’il n’est qu’un jeune garçon.

Un très beau roman graphique dont la force m’a rappelé celle de  « Le garçon qui s’enfuit dans les bois » de Jim HARRISON .

 

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Une réponse "

  1. Pingback: Jim Harrison | serialblogueuses

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