Velvet

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Velvet

de Mary Hooper

aux Editions des Grandes Personnes

9782361931414FS

« Mme Sloane pinça les lèvres et regarda Velvet par dessus la fine monture métallique de ses lunettes, dont les verres étaient presque embués.

« Le règlement, c’est le règlement, dit-elle. Tu le sais. Toute personne qui s’évanouit régulièrement est considérée comme inapte au travail. « 

Elle désigna de la tête un groupe de filles en haillons qui se tenait en bordure de la cour, juste sous l’enseigne en fer forgé qui portait les mots :

Blanchisserie Ruffold.

« Regarde un peu toutes ces filles : elles aimeraient pouvoir travailler ici. Et elles accepteraient même de le faire pour moins d’un shilling par semaine. »

Le décor est planté, le Londres du début du XXème siècle, une mégalopole née de la Révolution industrielle avec ses classes ouvrières qui survivent en attendant des lendemains qui chantent.

Velvet, l’héroïne de ce roman, ne supporte plus les terribles conditions de travail de la blanchisserie Ruffold. Elle sait pourtant que cet emploi est une chance inouïe, les quelques pièces durement gagnées lui permettent de ne pas sombrer complètement dans la misère.

Mais l’espérance de vie est courte à la blanchisserie et Velvet aspire à une autre destinée.

« Mais l’année dernière, tu sais, quand on a changé de siècle et qu’on est passés au XXème siècle ? Tu ne t’es pas sentie tout étourdie, tout excitée ? Comme si tu pouvais devenir qui tu voulais ? »

Lizzie la regarda, abasourdie.

« Je ne vois vraiment pas ce que tu veux dire, répondit-elle. Nous autres… eh bien, on travaille dans une blanchisserie ou dans un autre endroit de ce genre, puis on tombe amoureuse, et, avec de la chance, on se marie vêtue d’une jolie robe de mousseline brodée de fleurs. »

Sa rencontre avec Mme Savoya, une cliente fortunée, va lui permettre de réaliser son rêve : elle devient sa dame de compagnie.

Car Madame Savoya est riche : medium connue, elle attire les foules et les fortunes de ceux qui tombent entre ses mains. Velvet est émerveillée par la personnalité de cette femme hors du commun et par la prestance de son assistant Georges, dont elle tombe rapidement amoureuse.

Parfois elle s’étonne : Mme Savoya est-elle vraiment en contact avec les esprits, ne manipule-t-elle pas cruellement les clients qui viennent à elle ?

Mais la vie est si douce…

« Velvet dormait à présent dans une chambre aérée et lumineuse, dans un lit confortable avec des draps propres, elle mangeait des aliments frais et non des restes vieux de deux jours, et elle ne travaillait plus jusqu’à l’épuisement dans l’atmosphère étouffante de la blanchisserie. Elle profitait aussi du luxe de la maison de Madame : de l’eau chaude, des savons et des crèmes onctueuses, des draps de bain moelleux, des fleurs et un décor élégant, et tout cela réuni faisait la différence… »

Pourtant le doute s’installe, et Velvet va devoir faire ses propres choix.

Tout y est : la pauvre orpheline, la mère si douce, le père violent, le malheur qui rôde et puis soudain la chance qui tourne, un beau garçon, une femme ténébreuse…

Tout y est et on marche à fond parce que les gentils sont tellement naïfs, l’héroïne est à la fois touchante et formidablement agaçante, Charlie l’amoureux transi est une crème et les méchants sont carrément immondes.

Bonne lecture !!!

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