Soyons zen…

Par défaut
Un jour, en Chine, un vieux maître zen et son jeune disciple sont en route pour rejoindre leur monastère. Il a beaucoup plu et en traversant une petite ville, ils rencontrent une jeune femme bien habillée qui n’ose pas traverser la rue pleine de boue. Comme elle leur demande de l’aider, le vieux maître sans hésiter la prend sur son dos et la repose de l’autre côté.
Puis, sans mot dire, le maître et son disciple reprennent leur voyage vers le monastère.
Au bout d’un moment, toutefois, le jeune disciple n’y tient plus et interroge son maître :
 « Maître, je ne comprends pas que quelqu’un d’aussi savant, d’aussi sage et d’aussi vieux que vous se soit abaissé à porter sur son dos cette jeune femme pour lui faire traverser la rue pleine de boue ?« .
Le vieux maître, lui répondit alors :
« Cela fait plusieurs heures que j’ai déposé cette jeune femme de l’autre côté de la rue, mais toi, tu la portes encore ? ».

J’aime beaucoup cette histoire et j’ai retrouvé un peu de cet esprit dans la bande dessinée de Lynda BARRY : « Mes cent démons« , parue aux éditions ça et là l’année dernière, nominée à Angoulême en 2015 et Prix Artémisia :

arton103-c5167

« Lynda Barry est l’une des illustratrices américaines les plus réputées dans son pays. Depuis 35 ans, elle réalise des comic strips publiés par des dizaines de journaux américains. Mes Cent démons est un ouvrage étonnant où Lynda Barry montre son talent unique pour parler de l’enfance avec naturel. Elle pratique avec bonheur l’autofiction, ou comme elle l’appelle, l’autobifictionalographie, et se met en scène sous les traits d’une gamine un peu gauche, un peu moche, aux cheveux roux incoiffables, parfaitement incapable de danser, mais mourant d’envie d’être cool. La structure du livre est construite autour d’un exercice de dessin asiatique qui consiste pour l’artiste à faire sortir de sa plume une centaine de démons intérieurs. » (cf. présentation éditeur)

Ces démons intérieurs, ce sont des événements douloureux de sa jeunesse qu’elle « porte encore » au sens du conte et que cet exercice pourrait l’aider à poser enfin.

Dix-sept petites séquences à la fois drôles et poignantes, comme tirées d’un journal intime un peu naïf où Lynda Barry ne se donnerait jamais le beau rôle…

url

On ne peut que recommander l’exercice à tout un chacun, d’autant qu’en fin d’ouvrage, Lynda Barry nous enseigne l’art de dessiner nos démons au pinceau chinois.

 

Publicités

Un petit commentaire ?

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s