Pourquoi fuient-ils ?

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Quand commence le livre d’Henning MANKELL, son héroïne, Sofia, a douze ans et vit dans l’un des pays les plus pauvres d’Afrique.
Pourtant

« Le Mozambique est en fait un pays très riche, mais une guerre qui a duré près de vingt ans l’a appauvri. C’était une colonie portugaise jusqu’en 1975 et, lorsque ce pays est devenu autonome et a voulu se diriger lui-même, beaucoup de gens ont tenté de l’en empêcher. Surtout les Portugais fortunés qui ont vu disparaître leur puissance. Un nombre important d’entre eux sont partis pour l’Afrique du sud, de l’autre côté de la frontière. Les racistes dans ce pays-là n’ont pas apprécié, eux non plus, ce qui était en train de se passer chez leurs voisins. Ils ont fourni en argent et en armes tous les mécontents et les pauvres du Mozambique et les ont incité à entreprendre une guerre civile. Et, comme dans toutes les guerres, c’est surtout la population qui a souffert. Il y a eu beaucoup de morts et beaucoup de gens se sont enfuis. Sofia fait partie de ces derniers. Elle a survécu. Ce livre parle d’elle et de ce qui lui est arrivé. Quelque chose qui a changé sa vie. »

nous explique Henning Mankell en introduction à son livre.  En fait, il s’agit de trois livres, écrits respectivement en 1995, 2001 et 2008 au fil des événements qui ont marqué les vingt-cinq premières années de la vie de Sofia et l’ensemble des trois a été traduit du suédois et édité en 2011 par Flammarion pour sa collection [Tribal].

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Henning Mankell est plus connu pour ses romans policiers destinés aux adultes mais il a reçu le Prix Nils Holgersson en 1991 pour ses écrits pour la jeunesse.

Il vit alternativement en Suède et au Mozambique depuis 1985 où il dirige bénévolement le Teatro Avenida, troupe de théâtre professionnelle.

« Le roman de Sofia » est un témoignage sur la vie des plus démunis d’Afrique, confrontés à des épreuves terrifiantes comme la destruction des villages, la mort des proches, les mines antipersonnel, la faim, le sida…

Sofia traverse ces épreuves en se disant

« que la vie est faite d’événements imprévus, de situations inattendues qui viennent bousculer vos projets, même les plus minutieusement préparés. Cette constatation lui était venue pour la première fois le jour où la grande catastrophe avait eu lieu. Impossible de savoir si le lendemain sera bon ou mauvais. Il faut se contenter d’espérer. »

Henning Mankell décrit aussi la solidarité, celle des réfugiés entre eux, celle des médecins qui acceptent de soigner gratuitement les plus pauvres, les associations caritatives qui se débrouillent avec trois fois rien, les prêtres qui aident comme ils peuvent tout en doutant de leur Dieu, mais il décrit aussi la méchanceté inouïe des désespérés, l’indécence et la violence des parvenus, toute cette réalité à laquelle est confrontée Sofia comme des millions d’autres dans le monde.

A chaque nouvelle épreuve, on se demande comment Sofia va se relever et pourtant elle se relève.

Henning Mankell « ne fait pas dans le sensationnel » avec ce document, on reste même un peu à distance de Sofia, mais c’est sans doute sa force et ce qui lui donne  crédibilité. Une lecture utile pour comprendre pourquoi, et malgré des conditions atroces, des milliers et des milliers d’hommes, de femmes voire d’enfants se jettent chaque jour sur les routes ou dans des embarcations de fortune.

 

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