« J’ai rêvé tellement fort de toi »

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Si je vous dis : « Robert DESNOS » ?

sans doute allez-vous retrouver dans votre mémoire quelques bribes comme :

« Une fourmi de dix-huit mètres / Avec un chapeau sur la tête / ça n’existe pas, ça n’existe pas.

(…) Et pourquoi pas ?« 

ou bien encore :

« Le pélican de Jonathan,
Au matin, pond un œuf tout blanc
Et il en sort un pélican
Lui ressemblant étonnamment… »

ou le « ciel bleu, ciel gris, ciel blanc, ciel noir » du « Tamanoir »,

extraites des « Chantefables pour les enfants sages » écrites par Robert Desnos en 1943 que les éditions Gründ viennent de rééditer en fac simile de l’édition originale de 1944 avec les illustration d’Olga Kowalewsky, pour les 70 ans de la mort du poète, déporté au camp de Terezin :

9782324010866

Car Robert Desnos n’était pas qu’un charmant poète pour les enfants, ce fut aussi un résistant, écrivant à sa compagne Youki en 1940 :

« J’ai décidé de retirer de la guerre tout le bonheur qu’elle peut me donner : la preuve de la santé, de la jeunesse et l’estimable satisfaction d’emmerder Hitler.« 

De là une nouvelle lecture de ces poèmes que proposent Yves Thouvenel et Brigitte Bourdon sur leur blog et dans leur spectacle :

affichea3desnos-jarnisy

Malheureusement le 22 février 1944, la Gestapo vient cueillir Robert Desnos chez lui ; bien que prévenu de leur venue, il avait préféré les attendre, craignant qu’ils n’embarquent Youki en représailles.

Il mourut du typhus à Terezin le 8 juin 1945, quelques jours après la libération du camp. On retrouva dans sa poche un merveilleux poème d’amour qu’on a longtemps cru être le dernier qu’il ait écrit :

                                                                               Le dernier poème

« J’ai rêvé tellement fort de toi,

J’ai tellement marché, tellement parlé,
Tellement aimé ton ombre,
Qu’il ne me reste plus rien de toi.
Il  me reste d’être l’ombre parmi les ombres
D’être cent fois plus ombre que l’ombre
D’être l’ombre qui viendra et reviendra
dans ta vie ensoleillée.« 

 

[En fait, il avait dédicacé ce poème en 1926 « à la mystérieuse« , ce qui n’enlève rien à l’émotion que procurent ces vers. ]

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