Bloc de haine

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Bloc de haine

de Bruno Lonchampt aux Éditions Sarbacane

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« Alex regarde dehors – l’horizon rayé par les barreaux à sa fenêtre. Il regarde tout de même, seuls ses yeux peuvent le porter ailleurs, un peu plus loin. Son corps, lui, n’en a plus le droit. Sept ans. Sept ans de bousillés à attendre que les minutes fassent des heures, que les jours s’empilent en semaines, et que sa peine se digère dans le ventre de cette sale taule… La centrale d’Arles, purgatoire aux frontières de l’enfer, petite prépa avant la grande descente. »

Alex a 16 ans. Il y a longtemps, dans une autre vie, il habitait un quartier populaire de Marseille, un quartier chaleureux où les cultures se croisent et s’enrichissent mutuellement.

Avec sa belle gueule de petite fripouille Alex était le roi du quartier :

« Tout le monde le connaît, ici. Les gosses le prennent pour un caïd, font les beaux dès qu’il approche, les plus grands se retournent sur les fesses de sa nana ou lui tapent dans le dos avec un semblant de respect. »

Une vie d’ado, chahutée par la violence du père, avec une bande de copains et une fille solaire, Suheyla.

Maintenant Alex vit dans la cellule 36 de la Centrale d’Arles.

Il est torturé et rongé par par cette même haine qui l’a poussé à commettre un crime abject : le meurtre de quatre « métèques ».

« Il encaisse simplement en s’éloignant de ce fantôme qui le chahute, qui le harcèle, et il déplace son corps lourd vers d’autres barreaux. En tête lui remonte un vague souvenir de ce brin de haine poussant dans son cœur. Il y a si longtemps, quand déjà, quand ça, cette première goutte de venin, injectée depuis chaque jour un peu plus ? Il ne sait plus quand. Il sait que ça fait trop longtemps, et aussi qu’il a peur, depuis toujours, et mal, tout le temps. »

Alex est haïssable, et même si le récit nous promène dans le labyrinthe de sa frustration, du mépris qu’il a de lui-même, de cette souffrance qui le taraude, il n’y a rien à sauver.

Parce qu’essayer de comprendre, c’est déjà justifier un peu et ça, ce n’est pas possible.

On se dit que ce n’est pas possible, et puis on va sur les réseaux sociaux où tous les « Alex » du monde s’en donnent à cœur joie dans le rejet de l’autre, dans le racisme hideux et incompréhensible et on ressent la même sensation de dégoût qu’en lisant ce roman.

C’est un roman qui tape et fait mal, un de ces récits qui restent dans la mémoire.

Indispensable.

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