Le pays qui te ressemble

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Le pays qui te ressemble

de Fabrice Colin chez Albin Michel

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« On était tous pareils, quand le silence venait. Nous étions entrés dans un monde où rien n’est jamais forcément joyeux, rien joyeusement simple. Papa prétendait que c’était le monde des adultes, mais je savais bien qu’il racontait des sornettes. C’était le monde de ceux qui n’ont plus peur d’être tristes parce qu’ils ont déjà perdu l’essentiel. J’aurais bien aimé attendre quelques années encore. »

Lucy et Jude, les jumeaux, sont dévastés par la même souffrance : la perte d’une mère très aimée.

Leur père, spécialiste reconnu des Beatles, est en chute libre et colmate son désespoir grâce aux chansons de son groupe préféré.

Chacun essaie de panser ses plaies comme il peut en gardant un œil sur le reste de la famille. Mais si Jude se dilue dans les jeux vidéos, Lucy gère la débâcle familiale avec un courage et une ténacité qui en fait l’interlocutrice privilégiée de Marilyne, leur grand-mère maternelle.

Car un projet mûrit : Le Grand Voyage.

 » -Alors ? Tu es prête ?

-Comment on sait si on l’est ?

-J’ai imprimé les formulaires de test. En triple exemplaire.

-Ils répondent en combien de temps ?

-Tu m’as déjà posé la question dix fois. Deux jours en principe. Mais ça dépend des échantillons fournis. J’ai ouvert un compte sur Internet. Tu veux connaître le mot de passe ?

-Non.

De ses lèvres en O, elle a formé un anneau de fumée qui est monté se désagréger gentiment au plafond.

-Il n’y aura pas de retour en arrière, a-t-elle murmuré, paupières closes. Une fois que vous saurez, vous saurez. »

De Rome à Montreux, d’Oxford à Hong-Kong, ils vont aller à la rencontre de Rosetta et de Laurena, d’Helen et de Victoire. Car le but du « Grand Voyage » est de récolter l’ADN de ses femmes.

Qui sont-elles ? D’anciennes amours de leur père et l’une d’elles est leur mère biologique.

Si Lucy est Jude savaient depuis quelques années déjà qu’ils avaient été adoptés, ils n’ont appris que récemment les liens qui existaient entre leur père et la femme qui les a portés.

Cette quête souhaitée par Lucy et sa grand-mère est dans un premier temps incomprise par Jude et leur père.

Peu à peu, ils vont prendre conscience que ce voyage improbable leur offre l’occasion de se retrouver, de se reconstruire sans oublier.

Le chemin qu’emprunte le clan Farrow pour faire son deuil n’est pas banal mais efficace.

C’est une famille que l’on qualifierait dans le meilleur des cas d’excentrique, dans le pire de complètement barrée.

Et même si je les aime tous, les « rôles » principaux comme les secondaires, j’ai une préférence pour Maryline la grand-mère : ses cigares, ses robes de vamp et ses talons aiguilles… J’aime !

On sourit beaucoup en lisant ce roman qui parle de deuil, on rit même franchement.

J’ai adoré.

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