Résister

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Dommage que ce documentaire de Yann FASTIER, paru l’automne dernier à l’Atelier du poisson soluble, n’ait pas obtenu un prix au Salon 2015 du livre et de la presse jeunesse de Montreuil !

55309« Guingouin un chef du maquis« 

Il était pourtant arrivé en dernière sélection pour les « Pépites du livre d’art / documentaire francophone ». Relevant – qui plus est – des deux genres : documentaire historique et artistique…

Un bel album cartonné, dont le format de 30 par 21 cm permet de « caser » double texte et excellente iconographie :

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En haut à gauche un petit encart grisé chronologique avec une vignette en noir et blanc inspirée d’archives d’époque (photos, affiches de propagande, etc.), au-dessous un bloc de texte extrait d’une conversation, d’un journal intime ou…, peu importe qu’il soit véridique ou imaginé par Yann Fastier « qui s’est toutefois efforcé de se tenir au plus près de la vraisemblance historique », et à droite, en pleine page, une linogravure colorée qui illustre le propos. C’est superbe.

Superbe et passionnant car le personnage de Georges Guingouin n’a pas fini de faire couler de l’encre en Limousin, or le gros travail de documentation réalisé par l’auteur et ses rencontres avec des gens qui ont connu Guingouin permettent de mieux cerner la personnalité et l’engagement de cet homme,

« cet instituteur communiste limousin qui fut sans doute l’un des premiers maquisards de France. Blessé pendant la guerre, il s’enfuit de l’hôpital avant d’être pris par les Allemands, regagne son village de St Gilles les Forêts (Haute-Vienne) et s’empresse de cacher une ronéo et tout le matériel qui servira, dans un premier temps, à diffuser tracts et journaux. Refusant cependant la ligne attentiste du Parti (le Pacte germano-soviétique n’est pas encore enterré), il refuse de diffuser ses appels à la « fraternisation » avec les Allemands et fait preuve d’une lucidité qui le mettront rapidement en délicatesse avec l’Appareil clandestin, pour lequel il devient vite « le fou qui vit dans les bois », un électron libre qu’il faut éliminer. Qu’à cela ne tienne : Georges Guingouin, seul ou presque, construira pied à pied l’un des plus grands et des plus actifs maquis de France. Chef exemplaire et adulé de ses partisans, il multiplie les actions de propagande et de sabotage, servi par une connaissance parfaite du terrain et, surtout, par un soutien sans faille de la population rurale, parmi laquelle le maquis se trouve très vite « comme un poisson dans l’eau ». (intégralité du texte à lire ici)

Un dossier de douze pages à la fin de l’album, avec lexique, bibliographie, filmographie et sitographie incite à poursuivre notre découverte de la Résistance en Limousin.

Et n’oublions pas que de nombreux maquisards qui ont suivi Guingouin avaient parfois à peine dix-huit ou dix-neuf ans, comme le rappelle Yann Fastier dans son interview au 12/13 de France 3 Limousin en octobre dernier.

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