Dysfonctionnelle

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Dysfonctionnelle

d’Axl Cendres aux Éditions Sarbacane

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« Le prend pas pour toi, m’a dit mon père, mais j’ai jamais voulu avoir d’enfants. »

J’allais répondre : « Pourquoi je le prendrais pour moi, je suis juste ta fille » – mais l’ironie, il comprenait plus.

C’était le jour de son énième sortie de prison ; là, il avait pris deux mois ferme pour la même raison que les autres fois : il était au mauvais endroit, au mauvais moment. »

Il y a sept enfants : quatre filles et trois fils, une grand-mère, Zaza, un oncle, un père kabyle et délinquant récidiviste, et une mère polonaise et mentalement instable suite à la déportation de toute sa famille.

Il y a Jésus qui, grâce à une éducation maternelle un brin particulière, se prend justement pour Jésus et part accomplir sa divine mission, Sid-Ahmed junior – JR pour les intimes – qui, beau comme un dieu, affole la libido de riches rentières vieillissantes, Maryline farouchement engagée contre toute forme d’injustice, et Alyson la merveille, accro aux bad boys.

Dalida, elle, a quitté le navire, elle ne se reconnaît pas dans cette fratrie encombrante et trop « populaire » à ses yeux, et essaye de construire une vie qui ne serait pas bâtie sur des sables mouvants.

Le point d’ancrage, la tanière, c’est le bar-hôtel « Au  bout du monde ».

« Au bout du monde » abrite tous ces cabossés de la vie, ceux qui naviguent entre alcool, violence et solitude, mais c’est aussi le seul bar où l’on est capable d’organiser une bagarre entre habitués pour ramener un sourire sur le visage de Grego qui ne comprend pas pourquoi papa et maman ne sont pas là.

Mais le mal rôde qui se nomme « famille d’accueil », ce mal qui pourrait faire exploser cette drôle de famille. Alors l’héroïne et narratrice Fidèle, dite Bouboule pendant sa période Nutella, puis Fifi, veille au grain et porte ce chaos familial à bout de bras.

Fifi aime le foot, les blousons de cuir, chanter à tue-tête du Johnny Halliday, faire la fête… Mais tout a une fin, et lorsqu’on découvre au collège que son QI s’envole, elle se retrouve propulsée dans un lycée des beaux quartiers.

Les débuts sont difficiles puis elle rencontre Sarah…

« Au mois de février, pendant une récré, Sarah m’a dit comme ça :

« Je pense qu’on ne tombe pas amoureux d’un garçon ou d’une fille, mais d’une personne. »

Ce roman est mon coup de cœur absolu de l’année, j’ai adoré cette famille « dysfonctionnelle », cette folie, le sordide et l’amour, l’humour et la détresse et puis enfin, enfin une histoire d’amour homosexuelle qui est traitée comme une histoire d’amour, juste une histoire d’amour.

A lire absolument !!!

Car comme dit Zaza :

 » Tu vois, même avec une chose que tout le monde croit perdue, on peut faire quelque chose de merveilleux. »

 

 

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