« Un jour par la forêt »

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Qui n’a suspendu son pied un jour où tout allait mal, à la maison, au collège… en se demandant où aller ? Rentrer ? Avec les conséquences prévisibles, ou partir ? Et partir où ? Avec d’autres conséquences, peut-être encore plus dramatiques.

« Qu’est-ce qui pousse Sabine, petite élève de 5e, solitaire et rêveuse, à ne pas se rendre en classe, ce matin de printemps ? Pourquoi décide-t-elle ce jour-là de faire l’école buissonnière, et d’aller à la découverte d’un Paris qu’elle ne connaît pas très bien et qui l’a toujours fascinée ? Ce n’est pas seulement pour échapper au rendez-vous que la prof de français, excédée par son désintérêt, a fixé à sa mère.
La fuite de Sabine parle de honte et d’incompréhension. Honte de sa mère, qu’elle sent ne pas correspondre à l’image qu’on se fait d’une mère attentive, soucieuse de la scolarité de son enfant ; mais aussi honte de son milieu social où la culture reste un mot opaque, presque hostile. La petite prend soudain conscience que ce monde du lycée lui est fermé, comme il l’a été aux siens.
Mais, au cours de sa journée vagabonde, bien des choses vont changer pour elle. Le hasard d’une rencontre lui fera découvrir le trésor qu’elle porte en elle et qui ne demande qu’à être révélé. »
(cf. présentation éditeur)

« Un jour par la forêt » est un roman de Marie SIZUN, publié par Arléa en 2013.arton981

Le « clash » de départ, c’est le moment où le professeur de français déclame ridiculement – aux yeux de Sabine – le poème de Victor Hugo : « Demain dès l’aube ».

« Demain, dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne,
Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m’attends.
J’irai par la forêt, j’irai par la montagne.
Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps (…) »

« Demain dès l’aube » est dédié à sa fille Léopoldine, tragiquement noyée. Mais Sabine ne le sait pas, et puis Sabine, son père, il est parti.

Elle vit avec sa mère qui fait des ménages et quand la prof a écrit « Des moyens limités » sur son bulletin scolaire, elle a cru qu’il s’agissait d’argent.

 » « On n’a pas les moyens » : était une phrase de la vie courante. Elle survenait quand il s’agissait d’acheter quelque chose qui faisait envie à la mère ou à la fille, mais qu’on n’achèterait pas faute d’argent : « Pour l’instant, ce n’est pas dans nos moyens. » Les moyens, Sabine connaissait. Elle en entendait souvent parler. Mais si la mère avait assez vite compris que les moyens que sa fille n’avait pas, ou avait insuffisamment, étaient d’ordre intellectuel, elle n’avait pas cru bon de livrer son explication à la petite. Gênée, offensée pour son enfant, elle s’était tue. Sabine avait donc pensé qu’il s’agissait d’une appréciation de leur situation matérielle (…). »

Et donc, lorsque le professeur est en train de lire, Sabine éclate de rire. Et tout s’enchaîne, malheureusement…

Mais Marie Sizun ne sombre aucunement dans le misérabilisme et son livre est un hymne à l’intelligence, à la culture, à la beauté.

Un peu « tiré par les cheveux », peut-être, et encore ? Ils sont nombreux, finalement, ceux qui ont fait la bonne rencontre, au bon moment. Et n’ont ainsi pas rejoint le camp des perdus, des frustrés, des désespérés.

Pas de caricature dans ce livre, la résilience profite également au professeur.

Un livre à lire d’urgence quand on doute, mais pas seulement !

 

 

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