Aussi loin que possible

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Aussi loin que possible

d’Eric Pessan à l’École des loisirs

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« On a compté jusqu’à trois, on est partis, et on a couru droit devant, et c’est tout ce qu’il y a à dire.

Ce n’est pas un mensonge.

C’est ce que l’on a répété aux journalistes, à nos parents, aux policiers.

Trois, crie Tony.

L’histoire commence à ce moment-là : celui où je m’élance.

Je crois bien que je suis plus rapide au départ.

Je gère bien l’impulsion, je bondis sur mes jambes, j’ai un bon mètre d’avance durant les deux ou trois premières secondes de la course.

Je vais lui montrer qui est le plus fort, il sera obligé de le reconnaître. »

Un, deux, trois, partez ! et Antoine et Tony foncent, je te double, tu me passes devant, non c’est moi le plus fort, jusqu’au centre commercial comme d’habitude.

Mais ce jour-là n’est pas comme d’habitude. Le printemps arrive, le ciel est bleu et le centre commercial ne va plus rester cette frontière infranchissable.

Tony et Antoine ont treize ans, ce n’est pas une fuite ou peut-être que si, en tout cas rien n’a été décidé.

C’est comme ça, leurs jambes comme dissociées de leurs corps les ont entraînés de plus en plus loin.

Au début ils se sont concentrés sur les sensations physiques de cette course, le corps qui répond parfaitement, le souffle qu’il faut gérer et cette sensation enivrante de liberté.

Les obstacles se succèdent, autoroute, tunnel, fleuve avalés au rythme de la course.

Le point de non retour est franchi, où va-t-on ? A Bordeaux dit l’un. Pourquoi Bordeaux ? Pourquoi pas ? Ce n’est pas la destination qui est importante, c’est cette course qui les libère de leur peur.

Parce que la peur ils connaissent Tony et Antoine, elle est comme un plafond trop bas qui les empêcherait de se redresser et les grignote jour après jour.

« Je ne savais pas que l’on pouvait trancher sa vie d’une manière si radicale. Je savais que l’on pouvait tomber malade, que l’on pouvait avoir un accident. Je savais qu’une chose terrible pouvait vous mettre à terre. Je savais que l’on pouvait devenir immensément riche en quelques secondes grâce au loto, mes parents y jouent chaque semaine même s’ils ne gagnent rien.

Finalement, je ne savais pas qu’il était aussi simple de tout envoyer bouler d’un seul coup. »

Mais peut-être que si l’on est capable de tout quitter en un instant, on est aussi capable de choisir sa vie.

J’ai beaucoup aimé ce roman : ces deux garçons qui à la fois se perdent et se cherchent dans cette fuite un peu folle nous touchent par leur fragilité, mais aussi leur maturité.

C’est vraiment une belle histoire !

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