Bird Box

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Bird Box

de Josh Malerman chez Calmann-Lévy

1540-1

« Quatre ans.

Elle n’a pas à prendre cette décision aujourd’hui. Il fait froid dans le Michigan en octobre.

Un périple de trente kilomètres ne va pas être une partie de plaisir pour les enfants. Ils sont peut-être encore trop jeunes. Et si l’un d’eux tombait dans l’eau ? Que pourrait-elle y faire les yeux bandés ? »

Quatre ans déjà que Malorie prépare les enfants à ce voyage. Ce jour terrible de leur naissance, elle a fermé leurs yeux pour qu’ils ne voient pas l’innommable, et depuis elle leur a appris à se déplacer les yeux bandés, à l’affût du moindre bruit. A ce jeu c’est Garçon qui est le plus fort, Fille est moins douée, même si Marjorie sait qu’elle peut aussi compter sur elle.

Elle va partir, quitter la sécurité de la maison, a-t-elle correctement évalué les dangers de ce voyage ?

Il faut s’extraire de ces murs, la vision bornée par un masque de tissu, descendre a tâtons jusqu’à la rivière, chercher de la main la barque qui était là autrefois, et partir vers la sécurité et la délivrance.

Chaque bruissement est une menace, les oiseaux eux-mêmes sont devenus fous.

Et puis peut être sont-« Elles » là, à la regarder passer avec les enfants ? Elle sent parfois leur présence, Garçon aussi.

Elle sait qu’à un moment précis du voyage elle va devoir ouvrir les yeux , en aura-t-elle la force ?

« Bonjour ! » lance une voix masculine. Malorie se garde bien d’ouvrir la bouche. « Hé, vous là-bas ! Tout va bien ! Vous pouvez retirer votre bandeau ! Je suis un homme tout ce qu’il y a de plus normal !

-Non ! crie Malorie aux enfants.

-Il n’y a rien ici avec nous, mademoiselle. Vous pouvez me croire sur parole. Nous sommes tout seuls. »

Malorie reste figée. Finalement consciente de ne guère avoir le choix, elle se décide à lui répondre :

« Comment pouvez vous en être si sûr ?

-Mademoiselle, dit-il, j’ai les yeux ouverts en ce moment même. Et ils le sont restés toute la journée. Hier aussi d’ailleurs.

-Mais on ne peut pas regarder, rétorque-t-elle. Vous le savez forcement. »

Il y a quatre ans, il y a un siècle, Malorie vivait avec Shannon sa sœur, elle venait d’apprendre qu’elle était enceinte et cette grossesse imprévue mobilisait toute son attention. Bien sûr, de par le monde on signalait des cas étranges de gens devenus fous s’automutilant et tuant au hasard autour d’eux, mais c’était si loin.

Puis les cas se sont multipliés, « le Problème » comme l’appelaient les journalistes s’est étendu sur toute la planète, s’est rapproché : ils  avaient tous vu quelque chose avant de sombrer dans leur fureur homicide, mais quoi ?

Alors Marjorie et Shannon ont bien suivi les consignes, se sont barricadées dans la maison, ont verrouillé les portes, occulté toutes les fenêtres… et Shannon est morte.

Où fuir lorsque le monde est devenu fou ?

J’ai adoré ce roman.

J’ai eu peur un instant que la fin ne soit pas à la hauteur du récit. Que nenni, bonnes gens ! C’est inventif, flippant et complètement passionnant.

A lire avec délectation !

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