Jan

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Jan

de Claudine Desmarteau

aux Éditions Thierry Magnier

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« Je ne suis pas le genre de personne qu’il faut chercher avec des noises. J’ai toujours été comme ça, paraît même que quand je suis née, j’avais mes petits poings serrés en gueulant comme un nouveau-né pas commode, c’est mon père qui raconte ça quand il est fier d’avoir une fille qui n’est pas une gonzesse. Moi j’ai des doutes sur ce qu’il est capable d’inventer quand il a des souvenirs pas clairs, et je parie que le jour de l’accouchement, il avait commencé à fêter ça avant que je survienne du ventre de ma mère. »

Au début était Janis mais ça c’était au début, avant l’école primaire, avant la bande de tocards qui scandaient : Janus pisse, pisse.
Janis y a mis bon ordre, à coups de poings comme il se doit, et s’est rebaptisée Jan, comme un garçon.
De toutes façons Jan n’aime pas les filles, surtout celles qui ont des seins et qui se mettent à courir partout comme des poules sans têtes quand un garçon passe.
Jan n’aime pas l’autorité : les profs, le collège, le principal du collège, la voisine, le gérant du Franprix, etc… Surtout son père quand il est ivre, ce qui lui arrive souvent depuis qu’il a perdu son travail.

« Quand on a confiance en quelqu’un, faut garder confiance sinon ça pourrait porter malheur. Faut lui montrer qu’on croit fort qu’il va y arriver pour qu’il garde sa confiance, lui aussi. Faut pas passer son temps à se rappeler ce qui s’est déjà passé parce que ça ne sert à rien.« 

Mais de promesses non tenues en rendez vous manqués aux Alcooliques anonymes, la confiance et l’amour s’effritent peu à peu.
La famille est tenue à bout de bras par la mère, vendeuse dans un magasin de chaussures. C’est un travail pénible, peu gratifiant, mal payé, surtout lorsque l’argent disparaît dans les poches du père qui va refaire le monde au Bar des Amis.

Heureusement, il y a Arthur et un film, Les Quatre Cents Coups de François Truffaut.
Arthur c’est son petit frère, celui pour lequel elle se bat, l’évidence de l’amour à la vie, à la mort..
Les Quatre Cents Coups, c’est la rencontre improbable entre une gamine tendre et violente et son double, son miroir, un personnage de fiction : Antoine Doinel.

Un soir l’univers de Jan et d’Arthur va exploser, de foyers en famille d’accueil comment faire revivre le fantôme d’une famille détruite ?

Jan est tendre et violente, pudique et extravertie. On oscille entre l’envie de la prendre dans ses bras et le désir inavouable de l’abandonner sur une île déserte. Elle fascine par cette violence toujours à fleur de peau et par son étonnante capacité d’adaptation.

C’est un roman qui souvent fait rire, parfois pince le cœur et embue l’œil : une réussite quoi !!!

« Je me souviens qu’à la fin du film, Doinel court jusqu’à la mer et il marche dans l’eau avec ses chaussures. Puis on voit sa tête en gros et il nous regarde. On n’arrive pas à savoir s’il est content ou s’il est triste et ça se termine comme ça. Au foyer, je l’ai regardée plein de fois, cette fin. Quand il commence à courir sur le sable, ça me fait chialer à tous les coups, je ne sais pas pourquoi.
Je me demande ce qui lui est arrivé à Doinel, ensuite. S’ils l’ont chopé ou s’il a couru encore plus loin. »

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