Mauvais joueurs

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Mauvais joueurs

de Julien Dufresne-Lamy

chez Actes Sud junior

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« Moi aussi, je pourrais décrire ma famille. Parler de leur figure, de leur caractère, de leurs grains de beauté, mais ma famille ressemble à une famille. Trois enfants, mère au foyer, père à carrure, une corbeille de fruits sans pépins. Une famille de ces maisons de briques, enveloppées de lierre, en retrait derrière une grille.

Une famille sans histoires, cherchant l’adjectif. »

Curieuse famille, avec les personnages comme des images figées sur les cartes d’un jeu, celui des « sept familles » bien sûr.

Qui a le père ?

Qui a la mère ?

Moi, j’ai la grande sœur et et la petite dernière.

Et le fils, qui a le fils ?

Le fils est le narrateur.

Il s’appelle Marceau – comme le mime dit-il – Marceau Janvier. Il porte bien ce prénom car, comme lui, il ne propose à son entourage que les manifestations de sentiments qu’il n’éprouve pas.

« On dit peu de choses sur moi. Dans la famille, on ne parle pas des uns et des autres. Dans la famille, on préfère jouer.

Des jeux de rôles, des jeux de société, des jeux d’enquête, avec des pièges et de vraies surprises. Moi je m’en méfie. Mais on me force à participer. Alors je joue avec eux. Parfois je me contrains à rire. »

Mais ce n’est pas un jeu qui les réunit dans la fausse harmonie d’une famille aimante, c’est un règlement de comptes où chaque joueur dissimule, derrière un masque d’impassibilité, le chaos de ses pensées.

Il y a le père massif, lourd, un inconnu.

La mère d’une fragilité maladive, promise à la folie.

La grande sœur Jezebel.

Et Lucile, la petite sœur très aimée, celle qui lui donne le sentiment d’exister.

Et puis un jour cette apparence de normalité se fissure…

Ce roman est le récit fait par un des protagonistes de la déliquescence et de la destruction d’une famille : ce sont des individus liés par les liens du sang, qui se croisent sans jamais se révéler les uns aux autres. Ce n’est pas seulement un problème d’incommunicabilité, c’est l’impossibilité de créer des rapports d’intimité, de chaleur humaine, de solidarité, d’attention à l’autre.

Bien écrit mais absolument glaçant !

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